Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

l'histoire .......

Slumpen finns inte .............

Publié le par Sabrina De L.

Pour quelques raisons légitimes, j'ai dû quitter la superbe maison que j'habitais jadis ainsi que tout ce qui me reliait à elle. Pour des motifs personnels et surtout vitaux, je fus contrainte de quitter mes ami(e)s qui, pour la petite histoire, ne savaient pas que j'étais vampire ….. Ou peut-être une exception : Luc. Cependant meilleur ami soit-il ou pas, ma nouvelle demeure n'était connue de personne et pour la plupart, je m'étais juste enfuie pour me retrouver. Luc est humain, Luc est un de mes meilleurs amis, le genre de gars qui pouvait cacher un corps pour vous tant sa loyauté et sa fidélité étaient ancrées dans son âme si vous faisiez partie des personnes qu'il aimait. Il fut d'ailleurs le premier à qui je révélais ma malédiction. Je me souviens, c'était dans une chambre d'hôtel, un matin très tôt, je m'en rappelle comme si c'était hier. Il me manque souvent, mais je ne peux hélas le revoir. Même si je n'ai rien à lui cacher, le revoir impliquerait que je revois les autres. Ma vie, ma condition avaient pris une nouvelle tournure que je ne savais encore maîtriser. Bref, plus rien n'était comme avant et surtout, je n'avais pas vraiment réglé tout le mal que je vivais encore en moi. Je ne pouvais les mettre en danger. Je souffrais encore et j'essayais de soigner mon âme damnée. Contradictoire ? Non, je vous ai déjà expliqué que nous étions des êtres avec une conscience, que vous le vouliez ou non ! Les démons ne sont pas que réprouvés. Prenons pour preuve certaines mythologies qui leur imputent même une certaine utilité, malgré ce côté indocile. Mais je ne suis pas là pour me faire avocat du Diable, n'est-ce pas ?

J'espérais ce soir, revoir ma « couleur scandinave ». Je retournais donc au « Lost Paradise ». La ville était relativement assez grande, et je comptais sur ma minuscule chance pour que ce soir, Rolf y soit encore. Irrationnel, n'est ce pas ? Et pourtant, j'avais envie de tenter quelque chose. Ne me demandez pas pourquoi je suis si obsessionnelle. Cet homme est la bande originale de ma vie humaine et vampirique depuis 32 ans. Je n'avais aucun fondement logique à cela, c'était juste ainsi. Et me noyer de nouveau dans ce sentiment, cette occasion qui venait de remettre sa personne sur mon chemin, ne pouvait être autre chose qu'un signe, un dénouement à ce que je traversais. Il n'y avait pas de hasard, je n'y croyais pas et je n'y croirai jamais ….........

Publié dans L'histoire .......

Partager cet article
Repost0

Du är på fel sida av spegeln ...........

Publié le par Sabrina De L.

Mon réveil, le lendemain soir ne fut pas ce que je peux appeler « supra agréable ». La nouvelle du retour de mon créateur ne me convenait absolument pas. Nous ne nous étions pas vraiment quittés en excellent terme. Mais, je ne peux pas vous en parler, ici, à brûle-pourpoint, cela serait totalement déconvenue et absolument hors sujet. Enfin, "je ne peux pas" serait plutôt "je ne veux pas", et vous remarquerez une certaine nuance.

La question que je me posais, était : "Je le savais costaud, résistant, mais comment s'en était-il sorti ?". Je ne le pensais pas mort mais, je le voyais amoché voire même atrocement amoindri. Le vampire a des capacités que je ne soupçonne même pas, à bien y réfléchir. Ça m'épate de lune en lune ! Ayant moi-même parfois la magnifique surprise de me rendre compte de certaines choses me concernant, je ne devrais pourtant pas faire la surprise, cependant, je le suis …. je frôle même la stupéfaction, pour être honnête. Ma raison me dit qu'il n'y a rien d'illogique et mes sens trouvent cela absolument impressionnant. J'aurais presque envie de lui faire savoir mon entier respect. Mais, je ne vais pas m'aventurer trop loin dans le délire. Il me faut annoncer la nouvelle à Ian, mais connaissant Håkan et sa fascination à impressionner les autres voire, sa perversion maladive, je me disais qu'il s'en était sûrement chargé. Juste histoire de se délecter du regard de Ian tout en lui annonçant. Vous pensez que la médiocrité n'existe que chez les humains ? Venez donc vous perdre dans le monde vampirique, vous seriez surpris !

Nous sommes des démons, soit, mais nous avons aussi tous les défauts humains …. alors ? Finalement, ne seriez-vous pas simplement mauvais tout comme je le suis ? La différence est que le vampire est conscient d'être "mauvais", tandis que l'humain se cache sous des centaines, voire des milliers, d'excuses ou d'un manque d'objectivité flagrant et c'est un long débat que voilà ....

Il faut que je me prépare, j'ai envie de me perdre dans de la "couleur scandinave", ce soir, cela fait 32 ans que je l'attends ...........

Publié dans L'histoire .......

Partager cet article
Repost0

Mitt kallt blod .......

Publié le par Sabrina De L.

Je décidais de ne pas prêter attention à sa présence et je vaquais à mes occupations comme à chaque fois que je regagnais mon antre. J'attrapais les croquettes du chat qui se trouvaient dans la cuisine. Cette dernière donnait directement dans la pièce de vie. J'en remplissais sa petite gamelle, je l'avais choisie noir à cœurs rouges. Le chat vint vers moi, je le caressais. J'entendais son ronronnement commencer à gagner de l'ampleur dans cet appartement. Que cette bête était jolie et merveilleuse. Parfois, je me demandais si transformer un chat, si lui donner le don ténébreux, avait déjà été tenté.

  • Jamais ! Serais-tu aussi stupide ?

  • Je vois en tout cas, que tu n'as pas perdu les bonnes habitudes. Toujours prêt à lire dans mes pensées. Tu y arrives encore ? Tu as pourtant sacrément douillé, il y a quelques temps, non ?

Il continuait de me fixer, aucun changement d'humeur ne se lisait sur son visage. Le silence venait de s'installer et il était quelque peu pesant. Même si ma phrase n'était pas ouverte à la discussion, j'attendais malgré tout de sa part, une réaction. Sentir que je l'avais vexé, par exemple. Quelque chose qui pourrait redonner à notre « relation » ce qu'elle avait toujours été jusque là : un affrontement perpétuel. Je décidais de reprendre la parole.

  • Alors, ta présence ?

  • Tu me manquais.

J'esquissais un éphèmere rictus de satisfaction.

  • Sérieusement ? Ta présence, Håkan ?

  • Tu me manquais. Tu ne comprends donc plus notre langue ?

  • Cesse de me prendre pour une débutante. Tu n'apparais jamais dans ma vie sans raison. Tu es un peu le parvenu de notre monde !

Mon dernier mot eut l'effet d'une bombe chez ce dernier, en moins de temps qu'il n'en faut, il était déjà face à moi, me tenant par le cou, les crocs sortis. La colère sur son visage impassible venait de prendre demeure. Je riais, je riais car je ne sentais plus rien, ma puissance avait évolué et il le savait. Il finit par lâcher son étreinte. Je remettais mon pull en place et frottais mes manches, juste pour l'effet de style, adopter une attitude qui lui montre que je ne le craignais plus.

  • Tu comptais faire quoi, là ? Me faire peur ? Es-tu si stupide ? (tout en regardant la manche que je frottais)

Je relevais la tête pour le scruter et voir enfin dans son regard glacial une déstabilisation. Au lieu de cela, il me dit froidement :

  • Eli est de retour.

Mon sang déjà glacé vécut un deuxième instant réfrigérant. Le retour d'Eli ? Comment cela est possible ? Et pourquoi, pourquoi maintenant ?

  • Mais tu me manquais aussi, crut-il bon d'ajouter.

Publié dans L'histoire .......

Partager cet article
Repost0

Jag känner inte till honom så bra ......

Publié le par Sabrina De L.

J'étais de retour chez moi, légèrement énervée. Je posais les clés sur la petite table qui se trouvait à côté de la porte principale. Ce que je détestais cet endroit ! L'avais-je aimé un jour ? Je ne pense pas. Chez moi ? Chez moi, ce n'est certainement pas ici! Le seul endroit où mon âme est sereine et diaboliquement calme, c'est lorsque je suis dans le Grand Nord, mais pour de multiples raisons, je ne l'étais plus. Du moins, pas pour le moment.

Je n'aimais pas quand Ian jouait le psychologue de comptoir. Je n'aimais pas en général que l'on se mêle de ma vie, de mes décisions ou de mes choix. J'avais appris à lutter, à me battre contre moult soucis terrestres, et toujours seule. J'étais ultra positive tout le temps. Mais le reste-t-on toujours ? D'autant plus quand nous sommes immortels ? Le mal-être ou la déprime ne sont pas seulement réservés aux humains. Je vous vois d'ici, m'arguant et en imaginant que d'être "comme" moi ne me donne pas le droit de me plaindre. Parce que vous pensez que l'immortalité est une chance ? Sérieusement ? Que d'être un démon est une opportunité à saisir ? Vous pensez que je l'ai choisi ? Êtes-vous si stupides ?

J'entrais dans mon salon, une silhouette m'attendait assise dans le sofa. Les lumières étaient éteintes, je ne distinguais que son ombre. Je n'eus aucune peine à le reconnaître, cela ne pouvait-être que Håkan, un vieux complice de mon créateur. C'était un très bel homme, enfin, un très beau diable. Notre rencontre avait été des plus haineuses et notre relation n'avait toujours pas de définition. Je ne savais pas trop si l'on s'appréciait ou si l'on se détestait. Je vous vois sourciller mais je vous promets que ce genre de sensation pouvait exister. Håkan était quelqu'un de très secret, de très dur et surtout, « vampiriquement parlant », de très vieux !! Il était propriétaire de ce fameux manoir où j'aimais errer lorsque l'humeur m'en donnait l'envie. Il avait en ce lieu, une bibliothèque énorme et un mobilier d'une autre époque dans lesquels j'aimais me noyer. C'était ce que j'appelais « l'espace vert » de ma vie ténébreuse. J'allumais les lumières. Il portait autour de son cou délicat, comme à son habitude, une écharpe de cachemire de couleur foncée. Ses yeux clairs et perçants me scrutaient et il portait son grand manteau noir en tweed, aux manches qui lui arrivaient à mi-mains. Elles laissaient entrevoir de fins et délicats doigts de pianiste, ce qu'il était jadis.

  • Tiens donc ? Toi ici !

  • Et pourquoi pas ? rétorqua-t-il.

Il me souriait. Je n'avais jamais réussi à lire depuis toutes ces années ce qui se cachait derrière cette esquisse labiale. Mais en règle générale, lorsqu'il faisait irruption dans ma vie, ce n'était pas forcément bon signe, aussi dandy soit-il ...........................

Publié dans L'histoire .......

Partager cet article
Repost0

Hemligheten ......

Publié le par Sabrina De L.

Ian était donc un de mes semblables. Et il venait de faire une entrée fracassante, comme à son habitude, dans un moment de ma vie qui aurait pu être exceptionnel. Depuis qu'il était devenu vampire, il avait transformé sa timidité humaine d'antan en quelque chose d'atrocement sans gêne et d'affreusement sexuel. Je l'ai connu encore humain.  (et je m'arrêterai ici dans la narration de son histoire.)

Il venait donc d'arriver tel un boulet de canon et sans vraiment le savoir, de couper court à un semblant d'avancement dans mes « retrouvailles » avec Rolf. Il m'emmenait par le bras au bar et commandait une bouteille de champagne.

  • Tu n'en as pas marre de commander des trucs que tu ne peux pas boire ?

  • J'en ai besoin, puis pourquoi se retrouver dans ce bar si ce n'est pour, ne pas faire marcher le commerce ?

  • Bien la première fois que tu te soucies du chiffre d'affaire de ce pauvre Max !

Max était le propriétaire du bar « Lost Paradise » qui se trouvait sur la plus grande artère de cette ville. Max était quelqu'un d'un peu lunaire, pas vraiment curieux et extrêmement humain. Je pense sincèrement qu'il aurait pu nous « griller » plus d'une fois mais qu'il ne se mêlait pas de la vie d'autrui. C'était un pauvre gars. Je n'avais jamais vraiment eu l'occasion de me pencher sur son existence, mais le peu que j'en savais, m'informait qu'il était veuf depuis 6 ans et qu'il n'avait pas d'enfant et encore moins de vie personnelle, à part ce bar, qui lui procurait un semblant d'échange essentiel à son bien-être. Parfois, je trouvais que la vie s'acharnait souvent sur le même type de personne et Max faisait partie de ces dernières. Il y avait dans son regard quelque chose de résolu, quelque chose de blasé, quelque chose de mort.

J'étais en train de tripoter mon verre et d'observer les bulles qui remontaient à la surface quand Ian me lança un :

  • Bah alors, on trinque ou t'attends l'bus ?

Je me tournais vers lui et dans mon champ de vision, je remarquais que Rolf était assis à une table avec une charmante demoiselle blonde et qu'il n'était pas vraiment absorbé par les paroles de cette dernière mais que son regard était tourné en ma direction. Je pris la décision de ne pas m'arrêter sur lui, de l'ignorer et je levais mon verre en direction de Ian.

  • Skål Kille !!

Et je repartais dans la contemplation de mes bulles, en me tournant vers le bar. Leur vie éphémère me fascinait, elles resplendissaient, étaient pleines d'énergie pour venir mourir à la surface du verre dans un minuscule geyser.

  • Tu vas, dis moi ? (m'interrompant dans ma rêverie)

  • Oui, Je vais Ian. Je vais parfaitement bien.

  • Tu sais pourquoi je te le demande, n'est-ce pas ?

Je reposais assez sèchement mon verre sans regarder Ian. J'étais toujours rivée au bar regardant cette flûte posée et ses petites bulles qui continuaient de mourir dans l'indifférence totale, exceptée la mienne.

  • Oui, je le sais et je voudrais que tu arrêtes ! Je voudrais que tu arrêtes d'évoquer quoi que ce soit concernant cette histoire. Je voudrais que tu cesses, tu m'as comprise ??

Il se tournait face au bar, touchait de l'index et du pouce la base de son verre à champagne, qu'il se mit à fixer, tout en le faisait tourner :

  • Tu seras obligée un jour de te rendre compte que tu as un problème.

J'approchais mon visage du sien, pour qu'il saisisse bien ce que j'allais lui répondre :

  • Je n'ai absolument aucun problème, OK ? Fous moi la paix Ian !!

  • Je te foutrais la paix quand tu m'expliqueras pourquoi nous t'avons récupérée in-extremis au lever du soleil dans le jardin du Manoir !!

Je ne voulais pas entamer le sujet, je ne le voudrai jamais. Je tournais les talons et avant de sortir du bar, lui lançait un :

  • VA TE FAIRE FOUTRE, IAN !

Publié dans L'histoire .......

Partager cet article
Repost0

Jag har inte tur ....................

Publié le par Sabrina De L.

Je suis morte à l'âge de 33 ans. Enfin, morte, tout est relatif. Je suis devenue vampire à l'âge de 33 ans. Tout un symbole, tel Jésus, ma vie s'est arrêtée à ce chiffre fatidique. Sauf que, contrairement à ce brave « Jes' » je n'avais aucun message à faire passer, aucune mission divine, l'on m'a juste sacrifiée et je n'ai pas eu mon mot à dire. Point barre ! De plus, la veille du don ténébreux, nous n'étions même pas treize à table. J'étais seule, comme à mon habitude. Donc à part l'âge, rien ne peut le relier lui et moi ou alors, la chevelure peut-être, ou ce côté sexy que l'on ne peut nous ôter mais, je vous passe les autres détails, vous les connaîtrez bien assez tôt.

Donc, lorsque Rolf, qui m'avait quelque peu oubliée, revint sur mon chemin, fatalement j'avais vieilli, mais pas trop ! L'on pouvait penser tout au pire que j'étais quelqu'un qui prenait soin d'elle, même si je suis obligée de m'affubler la plupart du temps de tas d'artifices pour ne pas éveiller les soupçons. Mais trêve de bavardages, j'ai dit : « les détails, plus tard !!! ».

Je l'écoutais, il en avait des choses à me conter. Ce qu'il était intelligent, érudit, et que son français s'était amélioré. Et dans ces cas là, tout vampire que je suis, je me sentais idiote. Je ne manquais indéniablement pas d'assurance, ni de confiance en moi, mais lorsque j'étais « amourachée » dirons-nous, je me sentais toujours très stupide. L'amour ne m'allait absolument pas. Et lorsqu'il m'allait, je ne suis pas sûre de l'avoir été, amoureuse.  Vous saisissez ? C'est un long débat. La logique d'une femme est déjà compliquée, alors imaginez lorsque cette dernière est une vampire.

Il parlait, il souriait, il m'observait. Et je ne voulais pas lâcher ce regard, cette « couleur scandinave ». Le problème avec les scandinaves est que, justement, étant maîtres absolus dans la dissimulation des sentiments, je ne savais pas vraiment si son sourire ou son regard posé sur moi devaient être interprétés de manière charmeuse ou alors si ce n'était que pure politesse de sa part... Je n'eus le temps de me faire plus de réflexions, le semblable que je devais retrouver dans ce bar venait d'arriver. Et il eut la bonne idée de m'interpeller de manière très familière :

  • Ma chérie !!! Tu es là !! Je suis heureux de te retrouver !!

Rolf me fit un signe de tête et dit :

  • Je te laisse. Ton rendez-vous est là, à bientôt ......

Et il me quittait, comme ça. Me laissant en plan avec un semblable qu'il avait sûrement pris pour "je ne sais qui" ou "je ne sais quoi" dans ma vie.

Pensée pour plus tard : instaurer un règlement des mots à utiliser ou à ne pas utiliser quand tu penses avoir fait quelques progrès dans une histoire, et qu'un de tes amis vient ruiner tes maigres progrès en moins de trente secondes, top chrono..... Je suis vampire, et ça ne m'empêche pas de vivre de grands moments de déception …...

Je suis morte à l'âge de 33 ans. Enfin, morte, tout est relatif. Je suis devenue vampire à l'âge de 33 ans .......... et depuis, je n'ai pas vraiment de bol .......

Publié dans L'histoire .......

Partager cet article
Repost0

Och då förstod jag att han inte kom ihåg mig ..........

Publié le par Sabrina De L.

  • Tout va bien, monsieur ? 

Voilà donc comment je l'accostais. Le temps avait marqué son visage, mais cette « couleur scandinave » qui habitait ses yeux, était toujours aussi belle. Elle était toujours aussi unique et envoûtante. J'avais devant moi quelqu'un qui était devenu un très bel homme, doté d'une très belle carrure.

  • Parfaitement bien, merci !

répondit-il avec un large sourire et un accent moins prononcé qu'il y a 32 ans. Ce sourire, je me souviens qu'il m'avait plu dès la première fois. Une dentition parfaite emprisonnée dans une bouche délicieusement dessinée. Qu'il était devenu bel homme, la cinquantaine lui allait comme un gant. Je constatais qu'il prenait soin de lui, il était vraiment très beau. Et ce look, tellement plus posé, tellement plus homme.

Il s'immobilisait et plissait des yeux en me regardant sérieusement, son sourire avait disparu. Puis il pencha la tête et d'un air interrogatif me dit :

  • On se connaît, non ? On s'est déjà vu, n'est-ce pas ?

Ma chance était à ce moment là, qu'avant que je devienne « immortelle », j'avais eu, tout comme lui, le temps de vieillir et de laisser le temps marquer mon visage. Mais à l'évidence, ce dernier s'était arrêté pour moi. « Quelle abrutie !! » pensais-je , j'aurais pu me « griller » toute seule.

  • Exactement, il y a 32 ans, je pense. Et nous nous étions rencontrés de la même manière !
  • La jeune fille rêveuse ?! Mais oui !! Arffff, désolé mais ton prénom ne me revient pas !
  • Je m'appelle Sabrina, Rolf.
  • Et bien quelle mémoire !
  • Je suis réputée pour cela, parait-il !

Nous échangions encore quelques mots, il me racontait sa vie qui s'était bien remplie depuis tout ce temps et qui avait l'air génial. Je survolais la mienne, en prenant soin d'oublier quelques détails, tels que le fait d'être surnaturelle.

Puis, je me disais que l'amour était cruel. J'avais, MOI, pendant toutes mes minutes mortelles et toutes celles qui ne l'étaient plus, jamais cessé de penser à lui jusqu'ici. Parfois dans mes instants de solitude les plus extrêmes, son sourire et son petit nez qui se retrousse lorsqu'il rit, m'accompagnaient pour apporter cette lumière qui manquait dans mes moments, un genre de "fil rouge". Souvent, je me demandais ce qu'il pouvait faire à l'instant même et s'il lui arrivait de penser à moi, parfois, juste un instant. Et en fait, il ne se souvenait même plus de mon prénom, pendant que le sien résonnait en moi comme un chant d'amour, comme une marque au "fer rouge". « ….. Arffff, désolé mais ton prénom ne me revient pas ! ». Je n'avais pas eu le même impact sur son être que lui sur le mien. Cela faisait 32 ans qu'il était mon idéal, 32 ans qu'il errait dans mes souvenirs, mes rêves, mes pensées, qu'il accompagnait la moindre de mes respirations. Il avait mis main basse sur ma vie, juste comme ça, sa "couleur scandinave" était devenue "vitale", obsessionnelle …. et dans la sienne, j'étais inexistante, ou juste un vague souvenir, juste une rêveuse, un truc comme ça.

Il éveillait mes pires vices, mes démons les plus internes, mon cœur pleurait, je me sentais si transparente. L'idée me vint de lui ôter la vie …..... Mais je n'en fis rien. Je lui proposais de prendre un verre …. à défaut d'avoir marqué son passé, je comptais m'inscrire dans son futur ….. Il est interdit d'oublier Sabrina De L. et il se devait de l'apprendre ! ........

 

 

Publié dans L'histoire .......

Partager cet article
Repost0

<< < 1 2 3 4 5 6 7 > >>