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Mitt kallt blod .......

Publié le par Sabrina De L.

Je décidais de ne pas prêter attention à sa présence et je vaquais à mes occupations comme à chaque fois que je regagnais mon antre. J'attrapais les croquettes du chat qui se trouvaient dans la cuisine. Cette dernière donnait directement dans la pièce de vie. J'en remplissais sa petite gamelle, je l'avais choisie noir à cœurs rouges. Le chat vint vers moi, je le caressais. J'entendais son ronronnement commencer à gagner de l'ampleur dans cet appartement. Que cette bête était jolie et merveilleuse. Parfois, je me demandais si transformer un chat, si lui donner le don ténébreux, avait déjà été tenté.

  • Jamais ! Serais-tu aussi stupide ?

  • Je vois en tout cas, que tu n'as pas perdu les bonnes habitudes. Toujours prêt à lire dans mes pensées. Tu y arrives encore ? Tu as pourtant sacrément douillé, il y a quelques temps, non ?

Il continuait de me fixer, aucun changement d'humeur ne se lisait sur son visage. Le silence venait de s'installer et il était quelque peu pesant. Même si ma phrase n'était pas ouverte à la discussion, j'attendais malgré tout de sa part, une réaction. Sentir que je l'avais vexé, par exemple. Quelque chose qui pourrait redonner à notre « relation » ce qu'elle avait toujours été jusque là : un affrontement perpétuel. Je décidais de reprendre la parole.

  • Alors, ta présence ?

  • Tu me manquais.

J'esquissais un éphèmere rictus de satisfaction.

  • Sérieusement ? Ta présence, Håkan ?

  • Tu me manquais. Tu ne comprends donc plus notre langue ?

  • Cesse de me prendre pour une débutante. Tu n'apparais jamais dans ma vie sans raison. Tu es un peu le parvenu de notre monde !

Mon dernier mot eut l'effet d'une bombe chez ce dernier, en moins de temps qu'il n'en faut, il était déjà face à moi, me tenant par le cou, les crocs sortis. La colère sur son visage impassible venait de prendre demeure. Je riais, je riais car je ne sentais plus rien, ma puissance avait évolué et il le savait. Il finit par lâcher son étreinte. Je remettais mon pull en place et frottais mes manches, juste pour l'effet de style, adopter une attitude qui lui montre que je ne le craignais plus.

  • Tu comptais faire quoi, là ? Me faire peur ? Es-tu si stupide ? (tout en regardant la manche que je frottais)

Je relevais la tête pour le scruter et voir enfin dans son regard glacial une déstabilisation. Au lieu de cela, il me dit froidement :

  • Eli est de retour.

Mon sang déjà glacé vécut un deuxième instant réfrigérant. Le retour d'Eli ? Comment cela est possible ? Et pourquoi, pourquoi maintenant ?

  • Mais tu me manquais aussi, crut-il bon d'ajouter.

Publié dans L'histoire .......

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Han gick barfota genom världen ........

Publié le par Sabrina De L.

La première fois que je l'ai rencontré, j'ignorais qu'il faisait partie de ma caste. Comment et pourquoi cela m'a-t-il échappé ? Sûrement parce que tout vampire qu'il était, il n'y avait pas plus "humain" que lui. Le don ténébreux n'avait aucunement altéré son amour de la "vie", son amour "d'être là". Il dormait peu le jour. Il se consacrait à la lecture de nombreux ouvrages dans cette grande demeure, à l'abri de l'astre ennemi, il nourrissait son âme d'histoires, de poésie, d'amour écrit. Mais ce qui me frappait, était son besoin d'être pieds nus. Il ne gardait que rarement ses souliers. Nombre de fois où je l'ai croisé admirablement habillé, sans chaussure ! Il commençait son chemin les pieds emprisonnés dans ses alcôves de cuir, puis en cours de route, il se délestait de cette étreinte. A bien y réfléchir, la matière sur laquelle il posait les pieds lui importait peu, les cailloux, le macadam, le sable, l'herbe, le linoléum etc, tout était agréable pour lui. Il avait une réponse à cette manie. Il me disait que l'énergie de la terre passait par là, qu'il avait besoin de ne faire qu'un avec cette dernière, la sentir, la toucher et il ajoutait : "Aimerais-tu que l'on te touche uniquement avec des gants ? N'aimes-tu sentir la douceur, la froideur, la rugosité ou encore le tremblement de la main qui te frôle ? Ce délicat soubresaut qui trahit l'état de l'âme de celui qui caresse." Il était le vampire le plus en adéquation avec mère nature.

Alors, parfois, pour avoir l'impression qu'il était là, je me déchaussais et j'avançais sur les routes, je m'enfonçais dans les ténèbres et je fermais les yeux. En hiver,  le bitume me glaçait de sa froideur nocturne et les soirs d'été, il me diffusait les restes de chaleur de ce soleil dont je ne pouvais plus profiter. Il avait raison de par ce biais, je me sentais "vivante".  Alors je l'imaginais marchant à mes côtés, son regard couleur noisette posé sur moi. Je repoussais assurément une de ses boucles qui lui tombait sur le visage. Il me sourit et je suis heureuse, d'être juste là, avec lui.

Oui, je me déchausse parfois et j'ose espérer que mon chemin m'amène un jour, de nouveau, vers une de ses paires de chaussures qu'il aura négligemment abonnée .....

 

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Jag känner inte till honom så bra ......

Publié le par Sabrina De L.

J'étais de retour chez moi, légèrement énervée. Je posais les clés sur la petite table qui se trouvait à côté de la porte principale. Ce que je détestais cet endroit ! L'avais-je aimé un jour ? Je ne pense pas. Chez moi ? Chez moi, ce n'est certainement pas ici! Le seul endroit où mon âme est sereine et diaboliquement calme, c'est lorsque je suis dans le Grand Nord, mais pour de multiples raisons, je ne l'étais plus. Du moins, pas pour le moment.

Je n'aimais pas quand Ian jouait le psychologue de comptoir. Je n'aimais pas en général que l'on se mêle de ma vie, de mes décisions ou de mes choix. J'avais appris à lutter, à me battre contre moult soucis terrestres, et toujours seule. J'étais ultra positive tout le temps. Mais le reste-t-on toujours ? D'autant plus quand nous sommes immortels ? Le mal-être ou la déprime ne sont pas seulement réservés aux humains. Je vous vois d'ici, m'arguant et en imaginant que d'être "comme" moi ne me donne pas le droit de me plaindre. Parce que vous pensez que l'immortalité est une chance ? Sérieusement ? Que d'être un démon est une opportunité à saisir ? Vous pensez que je l'ai choisi ? Êtes-vous si stupides ?

J'entrais dans mon salon, une silhouette m'attendait assise dans le sofa. Les lumières étaient éteintes, je ne distinguais que son ombre. Je n'eus aucune peine à le reconnaître, cela ne pouvait-être que Håkan, un vieux complice de mon créateur. C'était un très bel homme, enfin, un très beau diable. Notre rencontre avait été des plus haineuses et notre relation n'avait toujours pas de définition. Je ne savais pas trop si l'on s'appréciait ou si l'on se détestait. Je vous vois sourciller mais je vous promets que ce genre de sensation pouvait exister. Håkan était quelqu'un de très secret, de très dur et surtout, « vampiriquement parlant », de très vieux !! Il était propriétaire de ce fameux manoir où j'aimais errer lorsque l'humeur m'en donnait l'envie. Il avait en ce lieu, une bibliothèque énorme et un mobilier d'une autre époque dans lesquels j'aimais me noyer. C'était ce que j'appelais « l'espace vert » de ma vie ténébreuse. J'allumais les lumières. Il portait autour de son cou délicat, comme à son habitude, une écharpe de cachemire de couleur foncée. Ses yeux clairs et perçants me scrutaient et il portait son grand manteau noir en tweed, aux manches qui lui arrivaient à mi-mains. Elles laissaient entrevoir de fins et délicats doigts de pianiste, ce qu'il était jadis.

  • Tiens donc ? Toi ici !

  • Et pourquoi pas ? rétorqua-t-il.

Il me souriait. Je n'avais jamais réussi à lire depuis toutes ces années ce qui se cachait derrière cette esquisse labiale. Mais en règle générale, lorsqu'il faisait irruption dans ma vie, ce n'était pas forcément bon signe, aussi dandy soit-il ...........................

Publié dans L'histoire .......

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Hemligheten ......

Publié le par Sabrina De L.

Ian était donc un de mes semblables. Et il venait de faire une entrée fracassante, comme à son habitude, dans un moment de ma vie qui aurait pu être exceptionnel. Depuis qu'il était devenu vampire, il avait transformé sa timidité humaine d'antan en quelque chose d'atrocement sans gêne et d'affreusement sexuel. Je l'ai connu encore humain.  (et je m'arrêterai ici dans la narration de son histoire.)

Il venait donc d'arriver tel un boulet de canon et sans vraiment le savoir, de couper court à un semblant d'avancement dans mes « retrouvailles » avec Rolf. Il m'emmenait par le bras au bar et commandait une bouteille de champagne.

  • Tu n'en as pas marre de commander des trucs que tu ne peux pas boire ?

  • J'en ai besoin, puis pourquoi se retrouver dans ce bar si ce n'est pour, ne pas faire marcher le commerce ?

  • Bien la première fois que tu te soucies du chiffre d'affaire de ce pauvre Max !

Max était le propriétaire du bar « Lost Paradise » qui se trouvait sur la plus grande artère de cette ville. Max était quelqu'un d'un peu lunaire, pas vraiment curieux et extrêmement humain. Je pense sincèrement qu'il aurait pu nous « griller » plus d'une fois mais qu'il ne se mêlait pas de la vie d'autrui. C'était un pauvre gars. Je n'avais jamais vraiment eu l'occasion de me pencher sur son existence, mais le peu que j'en savais, m'informait qu'il était veuf depuis 6 ans et qu'il n'avait pas d'enfant et encore moins de vie personnelle, à part ce bar, qui lui procurait un semblant d'échange essentiel à son bien-être. Parfois, je trouvais que la vie s'acharnait souvent sur le même type de personne et Max faisait partie de ces dernières. Il y avait dans son regard quelque chose de résolu, quelque chose de blasé, quelque chose de mort.

J'étais en train de tripoter mon verre et d'observer les bulles qui remontaient à la surface quand Ian me lança un :

  • Bah alors, on trinque ou t'attends l'bus ?

Je me tournais vers lui et dans mon champ de vision, je remarquais que Rolf était assis à une table avec une charmante demoiselle blonde et qu'il n'était pas vraiment absorbé par les paroles de cette dernière mais que son regard était tourné en ma direction. Je pris la décision de ne pas m'arrêter sur lui, de l'ignorer et je levais mon verre en direction de Ian.

  • Skål Kille !!

Et je repartais dans la contemplation de mes bulles, en me tournant vers le bar. Leur vie éphémère me fascinait, elles resplendissaient, étaient pleines d'énergie pour venir mourir à la surface du verre dans un minuscule geyser.

  • Tu vas, dis moi ? (m'interrompant dans ma rêverie)

  • Oui, Je vais Ian. Je vais parfaitement bien.

  • Tu sais pourquoi je te le demande, n'est-ce pas ?

Je reposais assez sèchement mon verre sans regarder Ian. J'étais toujours rivée au bar regardant cette flûte posée et ses petites bulles qui continuaient de mourir dans l'indifférence totale, exceptée la mienne.

  • Oui, je le sais et je voudrais que tu arrêtes ! Je voudrais que tu arrêtes d'évoquer quoi que ce soit concernant cette histoire. Je voudrais que tu cesses, tu m'as comprise ??

Il se tournait face au bar, touchait de l'index et du pouce la base de son verre à champagne, qu'il se mit à fixer, tout en le faisait tourner :

  • Tu seras obligée un jour de te rendre compte que tu as un problème.

J'approchais mon visage du sien, pour qu'il saisisse bien ce que j'allais lui répondre :

  • Je n'ai absolument aucun problème, OK ? Fous moi la paix Ian !!

  • Je te foutrais la paix quand tu m'expliqueras pourquoi nous t'avons récupérée in-extremis au lever du soleil dans le jardin du Manoir !!

Je ne voulais pas entamer le sujet, je ne le voudrai jamais. Je tournais les talons et avant de sortir du bar, lui lançait un :

  • VA TE FAIRE FOUTRE, IAN !

Publié dans L'histoire .......

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Lyssnar på vinden .......

Publié le par Sabrina De L.

Certaines rencontrent pensent que j'ai besoin d'être sauvée. Sauvée de quoi, je vous prie ? Je suis un démon, n'est ce pas ? Telle est ma condition, non ? Pensez-vous que je puisse contester mon propre destin ? Allons, allons, tout n'est pas aussi simple qu'il n'en paraît. Même si je me complais à crier haut et fort, que cela est soit "blanc", soit "noir", je dois admettre à contre-crocs qu'un joli camaïeu de gris se trouve souvent entre ces deux entités.

J'ai appris à écouter le vent. Oui, le vent, celui auquel on ne prête aucun crédit lorsque l'on est mortel. Seul le cœur compte, n'est-ce pas ? Oui et parfois la tête, mais beaucoup plus rarement. On "pense" avec son cœur et pourtant ....... Le cœur, parlons-en de celui là, cet organe aux sensations si pures, ce moteur, cet écrin, celui dans lequel se repose l'amour. J'en ai eu un jadis. Oh, il était beau, il était gorgé de passion, tant gorgé qu'il en vomissait de multiples sentiments inaltérés, immaculés. Il était noble, je le pense. J'y mettais "tout mon cœur", sublime terme pour celui qui est "entier". Je distillais autour de moi tout ce que j'avais de plus pur. J'ai aimé de toute mon âme, sans détour, avec la plus grande sincérité et je croyais à tous ces grands sentiments. Je pensais même qu'ils pouvaient se partager. Quel divin mensonge que voici !! Désolée, mes chers séraphins de qualifier un mensonge de divin, mais l'envie était trop grande de vous mettre encore ma déception sur les ailes. L'on m'a rendu tour à tour, tout ce que j'ai donné. "Merci pour tout, mon amour....." le tout orchestré d'un jeu d'acteur admirable, où la sincérité était si bien jouée que je me suis laissée prendre au piège plus d'une fois. Oh que j'y ai cru, oh oui !! Force est de constater que mon cœur, ce si chevaleresque organe, a explosé en un millier de morceaux pour finalement mourir. Morte d'avoir aimé ! Contradictoire n'est-ce pas ? Comment un sentiment aussi majestueux peut être à l'origine de toutes les souffrances ? Mon cœur a explosé en morceaux si abrupts et tranchants, qu'ils ont lacéré ce qu'il restait de mon humanité. Et me voilà démon, et depuis, j'écoute le vent......

J'ai appris à aimer mes doutes, ma souffrance et à choyer ma douleur. Ils sont légitimes, on connait toujours "le pourquoi" de la douleur, jamais celui de l'amour. Et je n'aime guère les choses que l'on ne peut comprendre, je n'aime guère la sournoiserie..... J'entretiens donc tout ce mal, car c'est une valeur sûre. Je ne suis pas née démon, je le suis devenue. Lorsque la sincérité est piétinée, à quoi bon s'échiner ?

Regardez-moi !! Admirez ma noirceur !! Regardez-moi évoluer dans les ténèbres. Connaissez ma renaissance. Celle qui rejette l'amour. Oui, je le rejette, je le piétine, je ne le respecte pas .........

Et puis, un jour, un sentiment qui ne ressemble à aucun autre jusque là, viendra cogner contre les parois de mon cœur aride et le vent me soufflera une douce mélopée, une rafale emplie de notes mystérieuses dont je m'enivrerai. Ce sera la mélodie d'un véritable amour, je la connaîtrais enfin ! Elle résonnera en moi comme une évidence, parce qu'elle parlera à mon âme. Voilà pourquoi depuis, j'écoute le vent .......

Je suis démon, mais j'ai encore gardé un défaut de mon humanité, hélas ...... cette pointe de naïveté qui fait que je ne suis pas encore complètement damnée. Cette naïveté qui me fait parfois espérer. Espérer quelque chose qui n'est qu'un mirage ...... Mais tel un assoiffé, je continue ma route, en écoutant le vent, espérant qu'il me souffle la direction à prendre pour m'abreuver ..........................

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Jag har inte tur ....................

Publié le par Sabrina De L.

Je suis morte à l'âge de 33 ans. Enfin, morte, tout est relatif. Je suis devenue vampire à l'âge de 33 ans. Tout un symbole, tel Jésus, ma vie s'est arrêtée à ce chiffre fatidique. Sauf que, contrairement à ce brave « Jes' » je n'avais aucun message à faire passer, aucune mission divine, l'on m'a juste sacrifiée et je n'ai pas eu mon mot à dire. Point barre ! De plus, la veille du don ténébreux, nous n'étions même pas treize à table. J'étais seule, comme à mon habitude. Donc à part l'âge, rien ne peut le relier lui et moi ou alors, la chevelure peut-être, ou ce côté sexy que l'on ne peut nous ôter mais, je vous passe les autres détails, vous les connaîtrez bien assez tôt.

Donc, lorsque Rolf, qui m'avait quelque peu oubliée, revint sur mon chemin, fatalement j'avais vieilli, mais pas trop ! L'on pouvait penser tout au pire que j'étais quelqu'un qui prenait soin d'elle, même si je suis obligée de m'affubler la plupart du temps de tas d'artifices pour ne pas éveiller les soupçons. Mais trêve de bavardages, j'ai dit : « les détails, plus tard !!! ».

Je l'écoutais, il en avait des choses à me conter. Ce qu'il était intelligent, érudit, et que son français s'était amélioré. Et dans ces cas là, tout vampire que je suis, je me sentais idiote. Je ne manquais indéniablement pas d'assurance, ni de confiance en moi, mais lorsque j'étais « amourachée » dirons-nous, je me sentais toujours très stupide. L'amour ne m'allait absolument pas. Et lorsqu'il m'allait, je ne suis pas sûre de l'avoir été, amoureuse.  Vous saisissez ? C'est un long débat. La logique d'une femme est déjà compliquée, alors imaginez lorsque cette dernière est une vampire.

Il parlait, il souriait, il m'observait. Et je ne voulais pas lâcher ce regard, cette « couleur scandinave ». Le problème avec les scandinaves est que, justement, étant maîtres absolus dans la dissimulation des sentiments, je ne savais pas vraiment si son sourire ou son regard posé sur moi devaient être interprétés de manière charmeuse ou alors si ce n'était que pure politesse de sa part... Je n'eus le temps de me faire plus de réflexions, le semblable que je devais retrouver dans ce bar venait d'arriver. Et il eut la bonne idée de m'interpeller de manière très familière :

  • Ma chérie !!! Tu es là !! Je suis heureux de te retrouver !!

Rolf me fit un signe de tête et dit :

  • Je te laisse. Ton rendez-vous est là, à bientôt ......

Et il me quittait, comme ça. Me laissant en plan avec un semblable qu'il avait sûrement pris pour "je ne sais qui" ou "je ne sais quoi" dans ma vie.

Pensée pour plus tard : instaurer un règlement des mots à utiliser ou à ne pas utiliser quand tu penses avoir fait quelques progrès dans une histoire, et qu'un de tes amis vient ruiner tes maigres progrès en moins de trente secondes, top chrono..... Je suis vampire, et ça ne m'empêche pas de vivre de grands moments de déception …...

Je suis morte à l'âge de 33 ans. Enfin, morte, tout est relatif. Je suis devenue vampire à l'âge de 33 ans .......... et depuis, je n'ai pas vraiment de bol .......

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Och då förstod jag att han inte kom ihåg mig ..........

Publié le par Sabrina De L.

  • Tout va bien, monsieur ? 

Voilà donc comment je l'accostais. Le temps avait marqué son visage, mais cette « couleur scandinave » qui habitait ses yeux, était toujours aussi belle. Elle était toujours aussi unique et envoûtante. J'avais devant moi quelqu'un qui était devenu un très bel homme, doté d'une très belle carrure.

  • Parfaitement bien, merci !

répondit-il avec un large sourire et un accent moins prononcé qu'il y a 32 ans. Ce sourire, je me souviens qu'il m'avait plu dès la première fois. Une dentition parfaite emprisonnée dans une bouche délicieusement dessinée. Qu'il était devenu bel homme, la cinquantaine lui allait comme un gant. Je constatais qu'il prenait soin de lui, il était vraiment très beau. Et ce look, tellement plus posé, tellement plus homme.

Il s'immobilisait et plissait des yeux en me regardant sérieusement, son sourire avait disparu. Puis il pencha la tête et d'un air interrogatif me dit :

  • On se connaît, non ? On s'est déjà vu, n'est-ce pas ?

Ma chance était à ce moment là, qu'avant que je devienne « immortelle », j'avais eu, tout comme lui, le temps de vieillir et de laisser le temps marquer mon visage. Mais à l'évidence, ce dernier s'était arrêté pour moi. « Quelle abrutie !! » pensais-je , j'aurais pu me « griller » toute seule.

  • Exactement, il y a 32 ans, je pense. Et nous nous étions rencontrés de la même manière !
  • La jeune fille rêveuse ?! Mais oui !! Arffff, désolé mais ton prénom ne me revient pas !
  • Je m'appelle Sabrina, Rolf.
  • Et bien quelle mémoire !
  • Je suis réputée pour cela, parait-il !

Nous échangions encore quelques mots, il me racontait sa vie qui s'était bien remplie depuis tout ce temps et qui avait l'air génial. Je survolais la mienne, en prenant soin d'oublier quelques détails, tels que le fait d'être surnaturelle.

Puis, je me disais que l'amour était cruel. J'avais, MOI, pendant toutes mes minutes mortelles et toutes celles qui ne l'étaient plus, jamais cessé de penser à lui jusqu'ici. Parfois dans mes instants de solitude les plus extrêmes, son sourire et son petit nez qui se retrousse lorsqu'il rit, m'accompagnaient pour apporter cette lumière qui manquait dans mes moments, un genre de "fil rouge". Souvent, je me demandais ce qu'il pouvait faire à l'instant même et s'il lui arrivait de penser à moi, parfois, juste un instant. Et en fait, il ne se souvenait même plus de mon prénom, pendant que le sien résonnait en moi comme un chant d'amour, comme une marque au "fer rouge". « ….. Arffff, désolé mais ton prénom ne me revient pas ! ». Je n'avais pas eu le même impact sur son être que lui sur le mien. Cela faisait 32 ans qu'il était mon idéal, 32 ans qu'il errait dans mes souvenirs, mes rêves, mes pensées, qu'il accompagnait la moindre de mes respirations. Il avait mis main basse sur ma vie, juste comme ça, sa "couleur scandinave" était devenue "vitale", obsessionnelle …. et dans la sienne, j'étais inexistante, ou juste un vague souvenir, juste une rêveuse, un truc comme ça.

Il éveillait mes pires vices, mes démons les plus internes, mon cœur pleurait, je me sentais si transparente. L'idée me vint de lui ôter la vie …..... Mais je n'en fis rien. Je lui proposais de prendre un verre …. à défaut d'avoir marqué son passé, je comptais m'inscrire dans son futur ….. Il est interdit d'oublier Sabrina De L. et il se devait de l'apprendre ! ........

 

 

Publié dans L'histoire .......

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