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Och då förstod jag att han inte kom ihåg mig ..........

Publié le par Sabrina De L.

  • Tout va bien, monsieur ? 

Voilà donc comment je l'accostais. Le temps avait marqué son visage, mais cette « couleur scandinave » qui habitait ses yeux, était toujours aussi belle. Elle était toujours aussi unique et envoûtante. J'avais devant moi quelqu'un qui était devenu un très bel homme, doté d'une très belle carrure.

  • Parfaitement bien, merci !

répondit-il avec un large sourire et un accent moins prononcé qu'il y a 32 ans. Ce sourire, je me souviens qu'il m'avait plu dès la première fois. Une dentition parfaite emprisonnée dans une bouche délicieusement dessinée. Qu'il était devenu bel homme, la cinquantaine lui allait comme un gant. Je constatais qu'il prenait soin de lui, il était vraiment très beau. Et ce look, tellement plus posé, tellement plus homme.

Il s'immobilisait et plissait des yeux en me regardant sérieusement, son sourire avait disparu. Puis il pencha la tête et d'un air interrogatif me dit :

  • On se connaît, non ? On s'est déjà vu, n'est-ce pas ?

Ma chance était à ce moment là, qu'avant que je devienne « immortelle », j'avais eu, tout comme lui, le temps de vieillir et de laisser le temps marquer mon visage. Mais à l'évidence, ce dernier s'était arrêté pour moi. « Quelle abrutie !! » pensais-je , j'aurais pu me « griller » toute seule.

  • Exactement, il y a 32 ans, je pense. Et nous nous étions rencontrés de la même manière !
  • La jeune fille rêveuse ?! Mais oui !! Arffff, désolé mais ton prénom ne me revient pas !
  • Je m'appelle Sabrina, Rolf.
  • Et bien quelle mémoire !
  • Je suis réputée pour cela, parait-il !

Nous échangions encore quelques mots, il me racontait sa vie qui s'était bien remplie depuis tout ce temps et qui avait l'air génial. Je survolais la mienne, en prenant soin d'oublier quelques détails, tels que le fait d'être surnaturelle.

Puis, je me disais que l'amour était cruel. J'avais, MOI, pendant toutes mes minutes mortelles et toutes celles qui ne l'étaient plus, jamais cessé de penser à lui jusqu'ici. Parfois dans mes instants de solitude les plus extrêmes, son sourire et son petit nez qui se retrousse lorsqu'il rit, m'accompagnaient pour apporter cette lumière qui manquait dans mes moments, un genre de "fil rouge". Souvent, je me demandais ce qu'il pouvait faire à l'instant même et s'il lui arrivait de penser à moi, parfois, juste un instant. Et en fait, il ne se souvenait même plus de mon prénom, pendant que le sien résonnait en moi comme un chant d'amour, comme une marque au "fer rouge". « ….. Arffff, désolé mais ton prénom ne me revient pas ! ». Je n'avais pas eu le même impact sur son être que lui sur le mien. Cela faisait 32 ans qu'il était mon idéal, 32 ans qu'il errait dans mes souvenirs, mes rêves, mes pensées, qu'il accompagnait la moindre de mes respirations. Il avait mis main basse sur ma vie, juste comme ça, sa "couleur scandinave" était devenue "vitale", obsessionnelle …. et dans la sienne, j'étais inexistante, ou juste un vague souvenir, juste une rêveuse, un truc comme ça.

Il éveillait mes pires vices, mes démons les plus internes, mon cœur pleurait, je me sentais si transparente. L'idée me vint de lui ôter la vie …..... Mais je n'en fis rien. Je lui proposais de prendre un verre …. à défaut d'avoir marqué son passé, je comptais m'inscrire dans son futur ….. Il est interdit d'oublier Sabrina De L. et il se devait de l'apprendre ! ........

 

 

Publié dans L'histoire .......

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Djävulen kan älska .............

Publié le par Sabrina De L.

A la tombée du jour, j'aimais fréquenter les lieux où les amoureux se donnaient rendez vous. Là, où ils se retrouvaient pour faire éclater leurs sentiments. Les voir s'embrasser à pleine bouche me donnait un sensation de bien-être. Loin de moi l'idée d'être fleur-bleue, mais j'aimais voir les autres s'aimer. Pourquoi les autres me direz vous ? Je ne sais pas, je ne saurais vous dire. Voir leurs doigts s'enlacer, se tenant comme si l'un était la continuité de l'autre, entendre leur cœur s'enflammer au doux murmure d'un « je t'aime », quelle douce mélodie. L'amour ? Je dois en avoir une petite idée, un vague souvenir, une lointaine sensation. Je suis le diable, comment voulez vous que je puisse aimer ? J'ai un rang à tenir. Où alors, je me conforte tout simplement dans ce dernier, parce que personne n'a eu l'audace d'aimer le mal ou parce que personne n'y croit. Je suis consciente que mon âme est mauvaise, mais je peux faire preuve de douceur quand je fréquente mes semblables. Oui, le mal peut aimer. Ce n'est pas une qualité réservée aux séraphins ou autres êtres que vous vous complaisez à aduler ! C'est une erreur de croire que je n'éprouve rien. J'aime différemment sûrement, d'une manière plus subtile. Je suis mauvaise, donc. Je ne mérite pas l'amour, c'est cela ? Alors que je pourrais, de toute ma puissance rendre une âme heureuse, le peu qu'elle veuille être mienne, le peu qu'elle s'offre à moi sans me craindre. Tout à coup, le vide, la tristesse m'envahit. Je n'avais demandé à devenir vampire, mon créateur m'avait juste trouvée à la hauteur et à cause de cela, j'en étais à me « nourrir » de visions d'amour, tel un mendiant se pourléchant devant les quelques miettes que les badauds errants avaient daigné lui offrir par pitié. Je me levais, j'allais à l'encontre du couple qui se trouvait devant moi. Je tuais l'homme en premier, je le vidais de son sang avec délectation et je tenais par la gorge sa chère et tendre, pendant ce moment funeste. Devant cette vision d'effroi, elle en avait perdu sa voix. « Tu l'aimais n'est-ce pas ? », lui demandais-je, alors qu'il rendait son dernier soupir. Elle tremblait de la tête aux pieds, des larmes inondaient son visage. Tout en continuant à la tenir, je lui répondis avec un sourire non dissimulé : « Oui, sûrement, suis-je bête ! Tu sais ce que c'est, TOI !!! ». Je l'approchais de mes crocs qui ruisselaient encore du sang de son amant, et je lui réservais le même sort. « Je suis le Diable, disais-je. J'aurais dû la laisser ressentir le manque d'un amour, qu'elle souffre .... mais dans ma bonté, je préfère qu'elle le rejoigne …. Je suis le Diable, répétais-je. Je peux aimer, mais personne n'y croit, alors je leur donne raison.... car le mal est plus facile à être reconnu que l'amour que je pourrais offrir …. je suis un putain de diable, disais-je. Et je resterai damnée » ….

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När allt började ................

Publié le

La première fois que je l'ai vu, c'était en 1986. Pour vous resituer le contexte : les années où tous les looks étaient vraiment permis. Il était beau, grand, les cheveux longs châtain, un petit nez en trompette, et un look très ….. comment dire ? Mais c'est surtout sa couleur d'yeux qui me restera en mémoire. Cette couleur est indéfinissable, certains vous la conterons « bleu », d'autres vous la décrirons « gris ». Moi, je vous la nommerai : la couleur scandinave. Ce jour là, je vécus un doux émoi, un tendre chamboulement, un moment qui me suivra toute ma vie, humaine ou non.

Nous nous étions croisés par pur hasard. Je me baladais dans le parc qui longeait ma demeure de l'époque, sans but précis. J'aimais marcher, marcher juste pour pouvoir trier mes idées à la vue du monde et en même temps d'une manière totalement insoupçonnable et banale. J'étais encore humaine. Machinalement, je ne regardais pas vraiment où j'avançais, j'étais sûrement trop perdue dans mes songes, mes pensées ou mes soucis, au choix. Toujours est-il que je lui ai rentré dedans, de plein fouet. Sa réaction a été des plus délicates, il me tenait par les épaules et cherchait mon regard. J'étais un peu confuse et abasourdie. Il me dit dans un français avec un très fort accent :

  • Tout va bien mademoiselle ?

Je restais silencieuse, je me délectais de ce que je voyais. J'avais le visage relevé et je me repassais en boucle sa voix et cet accent tout en restant hypnotisée par « la couleur scandinave ». Il me répétait la même phrase, voyant que je restais immobile à le regarder sans lui répondre. Je me mis à m'excuser, et machinalement, je ne sais pas pourquoi, je lui répondis en anglais.

Pour aucune raison, nous nous sommes mis à entamer une petite discussion. Il venait du Grand Nord, c'était un suédois de passage par ici. Son prénom était Rolf.

Nous nous sommes quittés après une petite heure d'un échange exquis, harmonieux et délicat. Je me souviens que ce jour là, et les autres jours qui suivirent, il n'a jamais quitté mes pensées. J'aurais dû lui demander un numéro de téléphone ou une adresse. Mais ma petite voix ne m'avait pas soufflé l'idée.

32 ans après, je me souviens de ce Suédois. Mais je suis devenue vampire entre notre rencontre et aujourd'hui. Il a changé mon existence, par quelques mots échangés. J'avais essayé de le retrouver, jadis, en vain. Ce soir, j'ai rendez-vous dans un bar sombre de la ville avec un de mes semblables. Il a neigé, je ne ressens plus le froid, je n'ai aucune sensation. Si vous saviez comme c'est compliqué de devoir faire comme un humain, faire semblant d'avoir froid. Je tire cette porte massive pour entrer dans ce bar, je suis obligée de forcer sa fermeture derrière moi, car le vent souffle énormément. J'entre, mon téléphone sonne, je le cherche dans mon sac tout en avançant et je bouscule quelqu'un. Je relève la tête, il est grand, il fait sombre, je souris à cette homme d'une cinquantaine d'année et je m'entends lui dire : « Tout va bien, monsieur ? » …...................

Publié dans L'histoire .......

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