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Man ska inte döma boken efter omslaget ...

Publié le par Sabrina De L.

Mon repos ne fut pas si détendu que cela. Je ne sais pas si c'est le fait d'avoir été quelque peu contrariée qui a contribué à cet état, toujours est-il que je me suis éveillée cette soirée là avec le cerveau embrumé. J'étais dans un état qui ressemblait étrangement à une gueule de bois, comme celles que j'avais connues en tant qu'humaine. Vous savez, ce moment où votre cerveau flotte comme un corps inerte à l'intérieur de votre boite crânienne. Chaque mouvement vous rappelle un peu plus son état, qui est beaucoup plus proche du flan liquide que de la masse cérébrale emplie de neurones. Je pouvais presque l'entendre me crier :  « J'ai le mal de mer, ça tangue là dedans! ». J'étais en train de me préparer tant bien que mal lorsqu'on tambourina à ma porte. À l'ouverture de cette dernière qu'elle ne fut pas ma surprise ?! C'était Stieg accompagné de Søren. J'avais d'autres projets en tête que de recevoir un sorcier et une médium. Je pense qu'ils se sont rendus compte qu'à leur vision, mon visage avait de très très loin l'allure de quelqu'un qui était enchanté de leur présence. Cependant, ils reculèrent quelque peu. Bon, d'accord, je n'étais pas vraiment ravie de les voir, mais de là à les faire reculer. Je lisais même de la peur dans les yeux de Søren. Elle me regardait comme si elle venait de voir la réincarnation de son pire ennemi. Je relevais le sourcil gauche, comme à mon habitude lorsque je suis interloquée et que je veux prendre mon air hautain.

  • Quoi ? Vous avez vu un revenant ? (pause) …. Même si cela me coûte, entrez !

Je leur montrais la direction à prendre avec la main. Ils pénétrèrent dans mon antre. Je fermais la porte derrière eux et ils étaient fixes à quelques centimètres seulement de cette dernière. Je les invitais en les poussant dans le dos.

  • Asseyez-vous ! Je ne vais pas vous bouffer ..... même si vous voir n'est pas une chose que j'attendais !

Ils ne cherchèrent pas à me contrarier. Par contre, leur attitude me semblait quelque peu inhabituelle. Ils prirent place dans mon sofa et je m'asseyais par terre face à eux, la table de salon nous servait de séparation.

  • Bordel ! Vous avez quoi ? C'est quoi vos gueules ! Quelqu'un est mort ?

Je ricanais doucement et Stieg brisa leur silence en premier.

  • Tes yeux …. tu as vu tes yeux ? Ils sont injectés de sang. On ne voit plus la distinction entre ton iris et ta pupille. Tu t'es vue ?

Je me levais pour aller me mirer dans mon super miroir « soleil », ultra kitschissime . J'avais trouvé ce dernier dans une brocante en étant humaine. Il était d'une laideur à couper le souffle. Le quasimodo du miroir ! J'en avais eu conscience en l'achetant. Pourtant ce jour là, je ne pus m'empêcher de le faire mien. Il avait un super pouvoir. Si si !! Quand vous étiez dans ma pièce de vie, vous y remarquiez un style très moderne et à la fois classique et il suffisait de tourner le visage, de tomber sur ce miroir « soleil » pour qu'en quelques secondes l'endroit devenait absolument hideux et de mauvais goût ! A lui seul, il enlaidissait 25m² savamment décorés et ça, c'est du super pouvoir ! Je ne pouvais me résigner à me débarrasser de lui. Comme si j'avais été la seule à voir sa beauté ...... intérieur ?!

Je me mirais donc dans mon « soleil » et j'aperçus tous les vaisseaux oculaires qui étaient éclatés. « C'est quoi ce délire ? », me dis-je à haute voix. Je retournais vers mes invités, enfin, ils étaient aussi invités que mon cerveau était solide.

Stieg reprit la parole :

  • Tu as croisé Eli, quelqu'un qu'il ne fallait pas ? Tu vas ?

  • A vrai dire, pour être honnête depuis mon réveil, je me sens quelque peu vaseuse. Mon cerveau est liquide comme si j'avais une gueule de bois..... Rencontrer Eli ? Non pas vraiment ….. J'me suis juste retrouvée dans une poubelle !

  • Une poubelle ?

  • Ouais !! Et le pire ? Vous voulez le savoir ? C'est que c'est un humain qui m'y a gaulé ! Un humain, vous entendez ? Un humain !!!

Søren prit la relève :

  • Es-tu sûre qu'il était humain ? Veux-tu vraiment te persuader de cela ?

  • Bah, il boit de l'eau gazeuse …. il … enfin, à part son côté androgyne un peu bizarre….. (je réfléchissais, comme pour chercher d'autres détails qui me prouvaient qu'il était humain) ….

  • C'est tout ? De l'eau gazeuse et hop, il est humain ?

  • Quand je l'aurai envoyé en enfer pour lui faire payer mon séjour dans la poubelle, vous verrez bien qu'il est humain !

Søren me regardait d'un air grave :

  • Sauf si c'est lui qui te fait regagner l'enfer........

Publié dans L'histoire .......

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Sedan tog jag farväl av solskenet ... Adjö min ängel .......

Publié le par Sabrina De L.

crédits photos S.De L - Mise en portrait : N.Guérin

Ce qu'il y a de plus horrible dans le don ténébreux ? Devoir dire « Adieu » à ce que l'on était. « Adieu » à son passé, sa vie humaine, à la lumière du soleil. On assiste finalement à sa propre mort, pour renaître avec une nouvelle vision, une nouvelle âme, une nouvelle « vie ».

Parfois, mon passé me manque, mais cela ne dure jamais longtemps. Je suis en besoin de ces rires qui étaient légers, de ces matins grognons ou emplis de promesses. En manque de cette peur du lendemain, celle qui donnait l'adrénaline nécessaire pour s'accrocher à cette vie pleine de mensonges. Cependant, je dois reconnaître, que j'ai pu enfin dire « Adieu » aux monstres qui ont croisé mon chemin, aux mauvais souvenirs qui m'empêchaient de continuer à marcher droit, à tout ce qui blessait mon âme sans raison apparente. « Adieu » à tous ces coups du sort qui m'ont ôté tous les gens importants pour moi et qui m'ont laissé à la place des parasites qui étaient aussi utiles à mon existence qu'un seau de sable dans un désert.

Maintenant ? J'ai la légitimité de souffrir parce que je suis le mal, n'est-ce pas ? Je me sens plus méritante de tous ces tourments. Et quand bien même ? Pensez-vous qu'ils m'atteignent vraiment ? Peut-on blesser un démon ? L'on peut l'agacer, tout au plus. Le déranger, si peu que l'on soit méthodique, mais le blesser ?! Foutaises !!

J'ai vu les couleurs de mon âme changer. Je suis passée d'un presque blanc à un presque noir. La seule chose qui reste de mon ancienne vie est la solitude. Je pense qu'une âme, peu importe son camp, ne peut ne pas connaître ou sublimer sa solitude, si celle-ci lui a toujours collé à l'esprit ou faisait partie de son cœur..... même si ce dernier s'approche diaboliquement de l'inhospitalité. J'aime la nouvelle couleur de mon âme, j'aime mon camp, j'aime cette atmosphère méphistophélique et finalement pour rien au monde, je ne voudrais redevenir humaine …... J'étais beaucoup trop fragile. J'ai été projetée dans les ténèbres à temps. À vrai dire, le côté martyr ne m'emballe guère, je ne suis même pas sûre qu'il siée à ma véritable nature …........

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Endast en vampyr kunde göra detta !!

Publié le par Sabrina De L.

Ce que ça puait ici !! Bordel !! Quand j'ai ouvert les yeux, j'étais dans une poubelle à roulettes et j'entendais qu'on donnait des coups de pieds contre ses parois en plastique. Je reconnus la voix de Gabriel.

  • Debout là dedans !! Voler dans les poubelles est interdit, Madame la Comtesse !!

Il débitait ces paroles sur un ton joyeux. J'avais une vieille pelure de banane qui surplombait ma tête et un reste de pâtes carbonara qui coulait d'un sachet plastique à coté de ma joue gauche. Je me levais d'un bon, le couvercle vola en éclats. J'avais les deux mains appuyées contre le rebord. Je regardais Gabriel droit dans les yeux, j'étais en rage.

  • PUTAIN, mais c'est quoi ce délire ?!! Pourquoi je suis là-dedans ? Et surtout pourquoi je ne me souviens pas d'avoir été mise ici ?

Gabriel avait la tête penchée et paraissait toujours aussi amusé de la situation.

  • PUTAIN ET ÇA TE FAIT RIRE ?

  • Plutôt oui. Voilà qui a égayé ma soirée.

  • Qu'est-ce que tu fous là, aussi, d'abord ??

  • Comment veux-tu comprendre ce qui t'arrive quand tu passes du coq à l'âne en moins de temps qu'il ne faut pour respirer ? (Il soupira fort). Ça ne m'enchante pas vraiment d'être là, enfin, sauf quand Hay m'a prévenu qu'il t'avait claquée dans une poubelle. Là, je voulais venir voir ça de mes propres yeux !

Je n'avais pas rêvé. Il avait bien stipulé le prénom Hay accompagné du lieu « poubelle » dans lequel je me trouvais. Cet humain m'avait claquée dans une poubelle. Mais comment avait-il fait et comment avais-je perdu connaissance? Je fis un bon qui me propulsa hors de cet endroit qui empestait la moisissure et le périmé. Je m'époussetais tant bien que mal. Gabriel me regardait à présent d'un air interrogatif.

  • Tu crois vraiment qu'en frottant tu vas moins sentir ? T'as macéré là-dedans pendant au moins trois heures ! Bordel, t'es vraiment limite conne, quoi !

  • (le regardant fixement en arrêtant de frotter) Mais t'es vraiment un réel connard sans limite, toi, par contre !

Il se mit à rire. Il agitait doucement sa tête de gauche à droite comme pour dire un « non » muet. Je renchéris.

  • J'ai pas le temps pour tes réflexions complètement débiles !

Je partais d'un pas décidé, il fallait que je rentre chez moi. Il fallait que je prenne un bain. Je n'en revenais toujours pas qu'un humain puisse me foutre dans une poubelle, moi, Sabrina De L.. De plus, je ne me souvenais absolument pas de la manière dont il avait procédé. Sérieusement, comment cela est possible ? Un humain qui donne une leçon de conduite à un vampire !!

Je rentrais chez moi, pris une bonne douche et enfilais des vêtements propres. J'étais toujours énervée. Je devais en découdre, mais le soleil allait bientôt montrer le bout de ses rayons. Je me devais de garder mon esprit revanchard pour la prochaine nuit. J'allais bouffer de l'androgyne, coûte que coûte !!!

 

Publié dans L'histoire .......

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Han tog min hemlighet till graven ........

Publié le par Sabrina De L.

Mon corps était marqué de symboles. Humaine ou vampire, j'avais toujours eu besoin d'inscrire sur mon épiderme ce que j'étais. Je me disais qu'il était probable qu'un jour je perde la mémoire ou que mon histoire me soit volée ou détournée. Je voulais me rassurer, alors ma méthode consistait à prendre exemple sur les tombeaux égyptiens. Tous ces hiéroglyphes, ces dessins qui rappelaient la grandeur du pharaon, son parcours, sa biographie. Le sarcophage de mon âme, n'est-il pas mon corps ? Je parsemais donc ce dernier de ce qu'était mon histoire ….... Il posa les yeux sur ma cuisse gauche.

  • Pourquoi est-elle enchaînée ?
  • C'est un démon, lui répondis-je, son âme est noire. Elle est liée à ses péchés, à son histoire. Elle ne peut pas faire machine arrière. C'est symbolique.
  • Mais elle pleure ?
  • Oui, des larmes de sang.... Elle est damnée ….. Les démons ne sont pas dénués de sentiments, tu sais ....
  • Pourquoi ?
  • Le sait-on vraiment ? Regarde sa puissance, ne t'arrête pas sur ses larmes ! Elle est forte même enchaînée. Regarde ses ailes comme elles sont grandes, ouvertes et si brillantes. Regarde là comme elle est vraiment ! Ne prends pas pitié. Elle délie ses poings quand elle veut..... La ruse est propre au démon, tu devrais le savoir.

Il approchait son regard de ma cuisse.

  • Elle a un tatouage sur la cuisse gauche elle aussi. Avec deux initiales ….. K …. H ??

Je gardais le silence. Il me regardait, attendant une réponse. Je le fixais le sourcil gauche relevé, amusée par tant de curiosité et je lui répondis :

  • Elle a une croix inversée aussi, et un 666 qui lui surplombe le plexus.....
  • K ….. H ….. avec des roses ?
  • J'ai lu quelque part que celui qui cache son secret est maître de sa route. Tu parles trop ….. Approche, je vais te le dire à l'oreille......

Il ne s'est pas méfié de moi. Il s'est approché sans hésitation. Je lui dévoilais qui était derrière les initiales et je descendis jusqu'à sa carotide …... Je me délectais de son sang, de son âme et  il est mort en emportant mon secret .......

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Starkare än en vampyr ? Är det möjligt ?

Publié le par Sabrina De L.

Il mit très peu de temps pour me repérer, j'ai même eu l'impression qu'il savait que j'étais là. Aujourd'hui, ses longs cheveux étaient détachés et il portait un t-shirt blanc en col V avec une paire de jeans craquée au genou droit. Ses chaussures, des Doc Martens, étaient négligemment lacées. Je remarquais qu'il était tatoué sur les bras, mais aussi au torse. Chose que je n'avais pas relevée la veille, puisqu'il portait un costume. Il avait aussi au poignet gauche une ribambelle de bracelet de couleurs vives et ses ongles étaient peints en rose foncé. Avant de me rejoindre, il fit un détour par le bar pour se prendre un grand verre de San Pellegrino avec paille. Lorsqu'il arriva vers moi, il se baissa, posa sa main sur ma joue et m'embrassa sur cette dernière.

  • Sabrina, heureux de te voir. Tu t'ennuyais, dis moi ?

Il me disait tout cela avec un grand sourire qui dévoilait sa magnifique dentition affublée de ses magnifiques canines. Sans compter sa cascade de cheveux qui sentait toujours aussi bon.

  • J'ai soif, pour être plus exacte !

  • (se mordant le coin de la lèvre) Hmmm, intéressant.

  • Ton prix ?

  • Arfff ….. j'aime pas ta démarche. Je fais tout de suite « objet » dans tes paroles ! Tu n'es pas au marché, princesse. Vampire ou pas, je ne suis pas prêt à consommer !

  • L'argent devrait être une motivation nécessaire pourtant. Je veux dire, tu l'as dit toi-même qu'il faudrait être con pour dire non ! Alors, je te demande ton prix. C'est d'une logique enfantine ! Et je suis loin d'être avare !!

  • Et je ne céderai absolument pas. Désolé, je te l'ai dit, je suis très carré. Je ne suis pas une pute. Tu penses que je suis à ta merci ?

  • Mais je peux te détruire, si je le veux, tu le sais …... humain !

Il s'approcha de mon oreille et me murmura avec une voix pleine d'assurance:

  • J'éviterai, à l'occasion si j'étais toi, de prendre trop confiance. Les vampires ne sont pas les êtres les plus hauts dans la hiérarchie démoniaque, n'est-ce pas ? Je savais que tu étais une grande gueule, un peu casse-cou. Ne pense pas maîtriser le jeu si tu ne connais pas ton adversaire.

Quelle audace pour un humain. Je restais scotchée par tant d'assurance. « Le jeu », quel jeu ? Et en tête me revint le moment où l'on dansait sur cette chanson de la veille qui ne cessait de répéter « I know, you'd hate me » et qu'il me souriait. Tout en lui me paraissait trouble. Pas vraiment singulier. Mais quelle audace. Je me levais pour lui faire face.

  • Tu ne crains pas la mort ? Tu devrais !

Il se mit à rire d'une manière absolument exquise. Il appuyait sur mes deux épaules de ses fines mains, ce qui m'obligeait à reprendre ma position assise tant sa prise était précise. Il passait son bras gauche, le poing serré, autour de mon cou, ce qui bloquait mon visage proche du sien et il me dit de nouveau à l'oreille, d'une voix absolument suave.

  • Relax baby !! La mort ? Mais regarde toi !! Rha la la …. Je n'aime pas faire ça. Mais tu ne me donnes pas le choix.

Je perdais connaissance...................

 

Publié dans L'histoire .......

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Kom in i dansen !!! ..........

Publié le par Sabrina De L.

crédits photos Ioan Blacksmith

[......] Je n'ai pas envie de correspondre à votre vision .... non, pas envie .... j'veux du mystère, des "boom-boom" au cœur à m'en faire crever, j'veux des mots à n'en plus finir, j'veux apprendre, je veux continuer à m'émerveiller de choses primaires...... Je veux vivre et sentir mes crocs plonger dans votre cou offrant .... Rangez votre "notice de vie", j'ai de bien plus grandes ambitions !! Ma solitude s'invitera au bal de votre vie, si peu que vous ayez envie de danser ......

(Extrait écrits Sabrina De L. - Mai 2016)

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Ungdomens källa ..... hans blod .....

Publié le par Sabrina De L.

Je me suis éveillée en début de soirée, le soleil venait à peine de se coucher. Je repensais au goût du sang de Hay. Je n'avais jamais bu pareil nectar. Et la manière dont je me suis sentie après m'être désaltérée, m'avait déstabilisée. Je fus légère. Est-ce que Gabriel ressentait la même chose lorsqu'il s'abreuvait au même cou ? Il y avait bien longtemps qu'une sérénité pareille ne m'avait envahie. J'en ressentais encore les effets, moins intenses qu'après avoir bu, mais encore là malgré tout. J'avais pourtant goûté épisodiquement des sangs d'excellentes qualités, mais rien qui n'égalait celui de Hay. J'éprouvais le besoin d'en boire encore. Je retournais donc au «Le  Diable Bleu » en espérant tomber de nouveau sur mon mystérieux androgyne au goût délicat.

Je vous vois venir avec vos critiques ! « Pourquoi ne lui a-t-elle pas demandé son numéro ? ». Je sais très bien qu'à l'époque actuelle, rester en contact avec le monde qui nous entoure est un jeu d'enfants, mais personnellement, je suis quelqu'un d'extrêmement timide et peu sujette à donner réplique dans la facilité. Je n'aime guère ces convenances qui font que lorsque quelqu'un paraît quelque peu « sympa » ou « avenant », l'on soit obligé d'entrer dans sa bulle personnelle ou dans son monde. Je n'aime guère que l'on envahisse mon espace, alors par respect je fous la paix à celui des autres. Je ne m'impose pas dans la vie d'autrui, ce n'est pas ma personnalité. La seule exception est lorsque j'ai soif, mais là encore ma technique consiste à griser la source choisie, boire et la laisser comme une merde avec des trous de mémoire. Je ne suis pas là pour me lier d'amitié, ni lui conter fleurette. Donc, pensez bien que je ne ne vais pas en plus demander un numéro de téléphone. Je ne fais pas le service après-vente, ni dans le social avec ma « bouffe » ! Faut pas déconner. Mais là, Hay, c'était autre chose. Déjà je ne l'avais pas choisi en tant que fontaine à sang et de plus, il m'avait offert la consommation gratuitement. Et tout ceci avait un goût de « reviens-y ».

« Le Diable Bleu » n'était pas vraiment bondé de monde. Je me dirigeais vers le bar où le serveur à la crête verte se trouvait. Il me reconnut, il était en train de frotter le bar avec un chiffon d'une couleur rose fluo, comme ses boucles d'oreilles de la veille :

  • Hey Hey !! Madame la danseuse ! Je vous sers ?

  • Champagne, s'il te plaît ! (lui faisant un signe de la main pour qu'il se concentre sur moi) Dis, je peux te demander un renseignement ?

  • Dis toujours ! (en arrêtant de frotter son bar)

  • Hay Haden, le mec androgyne, tu sais ? Celui avec lequel j'ai dansé hier. Tu saurais me dire s'il fréquente cet endroit souvent ? Ou mieux, où il crèche ?

  • Ah ? Le m'sieur-dame ? A vrai dire, ouais, je le connais mais sans plus.... Il vient, je te dirais assez régulièrement, mais te donner la fréquence. C'est par période, j'dirais, pour être honnête. Quant à savoir où il vit …. euh … je suis pas assez intime avec les clients.

  • Hmmmm. Merci.

J'attendais qu'il me serve ma coupe de champagne pour m'hypnotiser avec les bulles qui ont toujours ce même destin. La routine effarante de la vie d'une bulle, son ambition pour arriver au sommet et crever, dans un "ploc" insignifiant mais qui représente la quintessence de sa réussite à elle : s'éclater !!  Je devais être dans cet endroit depuis quatre heures lorsque mon androgyne fit son apparition. J'avais juste changé de place, j'étais dans le fond de la salle, assise dans un fauteuil moelleux et j'observais la foule. Je ne me précipitais par vers lui. J'attendais qu'il me remarque et qu'il vienne à moi. J'avais pas mal de cash sur moi, j'espérais qu'il me laisse m'enivrer de nouveau.

Publié dans L'histoire .......

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