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De vet hur jag tänker !! .............

Publié le par Sabrina De L.

Alors que nous valsions, j'ouvrais de nouveaux les yeux et je le regardais. Cette pourriture de vampire était splendide. Il était si viril et à la fois si gracieux, charmant et d'une beauté incomparable. J'avais tout à coup envie de lui, sur le champ, je l'imaginais me déchirer la robe. N'allez pas vous imaginer que j'avais des sentiments pour lui, je sais ce qu'est en avoir et en l'occurrence, je n'éprouvais qu'un désir sexuel pour Håkan. Il se penchait vers mon oreille tout en continuant de valser.

  • T'arracher cette robe n'est pas une parfaite idée. Un fantasme soit, mais une abominable idée, c'est un travail d'orfèvre que tu portes....... J'aurais une préférence pour voir si le baldaquin de la seconde chambre d'amis résiste à certaines secousses, en remplacement, pour combler ton envie !

Il relevait la tête pour reprendre une posture qui se prêtait à notre valse, me fit un clin d’œil accompagné d'un sourire discret lorsque nous fûmes interrompus par les invités entrants. Il me lâchait sans délicatesse et se dirigeait vers le petit groupe. Je reconnus parmi les invités, Ian et puis Stieg ! J'étais interloquée. Je ne pensais pas le revoir un jour, surtout accompagné de Ian. Je me dirigeais à mon tour vers eux et je leur fis un signe de tête discret. Håkan prit la parole :

  • Ma chère Sabrina, il est inutile de te présenter Ian, ainsi que ce cher Dr Johansson. (puis, il me montrait les deux autres personnes) et voici Søren Moravia qui est médium, longue histoire, je ne crois absolument pas à ses manigances (il lui fit le baise-main) et enfin, le dernier mais pas des moindres, un très vieil ami Gabriel Kierkegaarf. Vampire qui, disons, pour ne pas noircir son curriculum vitae, est du même acabit que le mien !

  • Ok, je vois …. Enchantée donc, pour ceux que je connais et ceux que je découvre.

La table était dressée pour six personnes alors que seule la médium se délectait de foie gras et autres mets délicats et coûteux. Parfois, le fait de manger me manquait. Je pouvais me souvenir de chaque goût des aliments que je préférais. Nous nous mîmes à discuter de choses et d'autres et au cours de la soirée la conversation devint plus personnelle.

  • Moi : Je suis heureuse de te revoir Stieg. Je pensais qu'il était impensable que tu puisses parler de nouveau à Ian, connaissant ta répugnance pour les vampires. Mais sa vie, enfin, nous l'avons sauvé.

  • Stieg : A ce propos, je voulais te dire que j'étais vraiment désolée pour ce qui t'es arrivée.

  • Ian : (se penchant vers Stieg – lui touchant le bras) Je serais toi, je ferais impasse sur ce sujet, sinon, elle va partir en couilles sévère.

  • Moi : (ayant entendu ce que Ian disait ) Tais toi, tu veux ! (Regardant Stieg) Je te remercie, mais je ne préfère pas m'étaler sur le sujet.

  • Søren : Quelqu'un est mort ?

  • Gabriel : (regardant Søren) Je pense sans vouloir m'avancer qu'effectivement, si elle ne veut pas parler du sujet et si le Dr Johansson est navré de ce qu'il lui est arrivé, de conclure, sans être sorti des grandes écoles, qu'il doit y avoir un macchabée pas loin. Cependant, si tu étais attentive, tu aurais écouté et souligné ce point. (se retournant vers Håkan) Effectivement, tu as raison de douter de ses capacités, déjà sans utiliser son pouvoir, elle est quand même très ….... demeurée !

  • Søren : (riant et regardant Gabriel) Tu es toujours aussi agréable, mon cher Kierkegaarf !

Les paroles d'introduction d'Håkan concernant ce cher Gabriel me restait en tête : « Vampire qui, disons, pour ne pas noircir son curriculum vitae, est du même acabit que le mien ! ». Je concluais donc que j'étais entourée de deux pourritures pour le prix d'une.

  • Gabriel : Oui, sauf que moi, tu n'es absolument pas mon style ma chérie.

  • Moi : Ce que je remarque c'est votre passion, en tout cas, celle de pénétrer mon esprit et d'y lire mes pensées. (me retournant vers Håkan).... Il y a un trou normand prévu dans ton diner ? J'aimerai voir le baldaquin de la chambre d'amis ! Quitte à me faire pénétrer par autrui autant que je sois consentante, non ?

  • Håkan : (légèrement saisi que je sois aussi peu courtoise) Pas que je sache, ma chère.

  • Moi : Dommage …....

Publié dans L'histoire .......

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Kan jag få den här dansen ?

Publié le par Sabrina De L.

Je descendais vers la grande salle à manger à l'heure qui m'avait été imposée. J'aime énormément la ponctualité. J'avais l'impression de venir d'une autre époque, habillée de cette manière. Ce que je comprenais moins était le fait que l'énorme table qui dominait la pièce était dressée : couverts en argent, verres de cristal, porcelaine fine. Tout était prêt comme pour une énorme réception. Au plus loin que je me souvienne, Håkan recevait peu. C'était un vampire assez retiré de ses semblables pour tout vous dire. Il ne les approchaient que pour les utiliser ou leur réserver une petite trahison dont il était passé maître en la matière. Je ne saisissais pas vraiment, tout était préparé comme si nous étions humains. J'essayais de comprendre le scénario possible qui s'offrait à moi et il profitait de mes réflexions personnelles pour se poster derrière moi sans que je m'en rende compte.

  • Je hais simplement l'asymétrie, n'imagine pas que cela va pulluler d'humains.

  • Encore dans mes pensées !!! Je n'imagine rien, Håkan. Je ne sais jamais vraiment où tu veux en venir. C'est tout !

Je me retournais pour voir mon hôte. Il était habillé de noir, un très élégant costume noir. Sa veste était ouverte sur un petit gilet qui laissait apparaître une montre à gousset. Sa chemise était d'un bleu ciel très doux, ce qui permettait de donner une touche de légèreté à ce côté très sombre. Il se tenait toujours droit comme un « I ».

  • Tu es très belle, Sabrina.

Il me déposait un léger baiser dans le cou. Eugénie se tenait dans un coin. Il lui fit un geste de la main. Elle quitta la pièce pour revenir quelques minutes après avec deux coupes de sang frais qu'elle nous offrit. Mon instinct vampirique prit le dessus, mes crocs frétillaient, mes pupilles se rétractaient. Je trinquais délicatement avec mon hôte et me délectais de ce nectar. Une pure jouissance. Vous ne pouvez pas comprendre, vous n'êtes pas vampire. Je voulais continuer mon interrogatoire, tout en ayant un orgasme gustatif.

  • Alors, dis moi ? Pourquoi des couverts ? Tu comptes inviter des humains que nous pourrions torturer et vider de leur sang ?

  • (Il sourit de son rictus habituel). Tu n'es pas loin de la vérité.

  • (Je le regardais, saisie et quelque peu effrayée) Tu …. tu es sérieux ?

  • (Il levait les yeux au ciel) Ce qu'il est aisé de te faire marcher !! Me crois-tu aussi bête pour tuer des gens chez moi ? Je te l'ai dit, je n'aime pas les choses asymétriques … il y a plus d'assiettes sur cette table que d'humains présents ce soir …. tu verras ….

Il frappa deux fois dans ses mains, une valse se mit à jouer, il me présenta sa main :

  • En attendant nos invités, m'accordes-tu cette danse ?

Tout en lui faisant la révérence, j'acceptais son invitation avec plaisir. Je sentais sa main gauche se poser sur ma taille et son autre main tenir délicatement la mienne. Nous nous mîmes à tournoyer. Je me sentais grisée, belle. Il y avait bien longtemps que je n'avais pas été aussi légère. Il glissait son visage près du mien et murmura :

  • Et je peux être encore plus que cela .........

Je ne prêtais guère attention à son message, je fermais les yeux et me laisser entraîner dans cette danse, je voulais juste me nourrir de ce moment ...............

Publié dans L'histoire .......

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Mina Scenarier ...........

Publié le par Sabrina De L.

[....] Regarde moi, juste quelques instants,

Que tu ressentes le besoin de ma présence,

Que je suis celle qui t'aime et qui t'attend,

Et qui se meurt chaque jour de ton absence.

Extrait poème : Sabrina De L. - "Mes scénarios" - Février 2018

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Hun har gett mig mycket att tänka på ......

Publié le par Sabrina De L.

J'hésitais réellement entre me barrer en douce ou enfiler cette robe et comprendre pourquoi il tenait absolument à ma présence ce soir. La curiosité n'était pas un de mes principaux défauts, je devenais curieuse à partir du moment où l'on m'offrait matière à l'être ! Vous saisissez ? Comme pour la "reproduction colorée", j'étais gênée d'être "tombée dessus" mais mon intention n'était pas de lui poser de questions, non ! J'avais juste eu peur qu'il puisse penser que j'avais fouillé ! Là était mon souci réel. Mais lorsqu'il m'a dit "Nora .... tuée", sincèrement ? Même vous, vous n'auriez pas voulu savoir "Pourquoi ?" Le sujet est entamé, les détails sont distillés, vouloir en savoir plus, est-ce là de la curiosité ? Bon, alors j'admets que le hasard fait bien les choses, même si je ne crois pas à ce dernier ! Non, il n'y a pas de hasard dans la vie ! JA-MAIS ! Tout est programmé, tout s'imbrique, tout se construit autour d'un noyau, tout est là pour vous rappeler aux bons souvenirs de ce ou ceux que vous avez croisé(s) un jour, par "hasard" et que vous retrouvez quelques temps après, ces indices parsemés insipides qui s'avèrent être parfois de vrais pièges à cons !! Je vous promets que j'en suis la preuve vivante ! Pensez-vous que lors de ma vie humaine, j'ai pu croiser autant de pièges contenant autant d'abrutis pour rien ?? Certainement pas..... Cela m'avait d'ailleurs poussé à suivre des études de synergologie. J'avais longuement hésité entre cela et la psychiatrie. La synergologie a eu ma préférence. J'aime cette manière de lire quelqu'un en me basant sur sa communication non-verbale. C'est tellement amusant ! Du coup, par la suite, et encore souvent maintenant, j'arrive à déceler si l'on se joue de moi ou pas .... enfin, surtout avec les humains. Les vampires sont réputés pour être de marbre, sans émotion visible, je galère un peu plus avec ces derniers, je l'admets. Saviez vous, par exemple que lorsque vous parlez à quelqu'un, si ce dernier se lisse le sourcil, droite ou gauche, en commençant de la base vers l'extérieur, il indique clairement qu'il se régale de ce qu'il voit ? C'est extrêmement plaisant d'observer l'autre et pouvoir ressentir si son assurance est feinte ou s'il ment, ou que sais-je ?! Et pourquoi me direz-vous ? Et bien à force de rencontrer des personnes perfides, on a envie de les reconnaître aux premiers abords, aux alentours, au mètre près, et puis si l'envie vous en prend, de jouer un peu ..... Ce n'est pas le hasard qui m'a poussé à cela, c'est cette fâcheuse répétition de tomber plus que de coutumes sur des abruti(e)s. Et cela peut s'étaler à beaucoup de choses, le hasard n'existe pas, tout à une raison !!! Mais revenons à nos gousses .....

Finalement, j'enfilais la robe. Eugénie était venue m'aider à lacer le corset. Je me tenais à l'un des montants du baldaquin pour lui permettre de serrer les cordons de ce dernier au maximum.

  • On se croirait dans une autre époque n'est-ce pas, Eugénie ?
  • Oui, Madame !
  • J'aurais aimé connaître cela, je l'avoue. Vois-tu cette robe comme elle est sublime ? Cette finition, ce raffiné ! Je me balade en ville avec un truc pareil à notre époque, on me traiterait assurément d'allumée !!
  •  Les époques ne sont pas comparables, Madame.
  • Oui, tu as raison.

Elle terminait le laçage. Ma poitrine était remonté d'un cran, je me sentais si femme. J'étais une princesse. Je me tournais vers Eugénie, faisant virevolter la soie de la traine. Le psyché qui trônait dans un coin de la chambre me renvoyait une image que j'aimais follement. Une des broderies de la robe était hirsute, j'essayais de lui enlever son volume, vous savez, comme les frisottis des cheveux sous un temps humide. Eugénie me regardait avec un grand sourire, elle avait les yeux qui pétillaient.

  • Vous n'en viendrez pas à bout, Madame. C'est un défaut de fabrication. Cela a toujours posé problème. Ce n'est pas tellement visible. Mais je vois que vous avez le souci du détail. Elle vous va à merveille !

Je me figeais doucement. Je regardais Eugénie avec un sourire discret.

  • Toujours posé problème, tu dis ? Elle a été portée récemment ?
  • (enjouée) Oh non ! Il y a bien longtemps que je ne l'avais sortie !

Je plissais les yeux. J'essayais d'évaluer l'âge qu'elle pouvait avoir. Une trentaine, je ne l'imaginais pas plus vieille.

  • Qu'est ce que tu entends par "bien longtemps", Eugénie ? Tu n'es pas une vielle servante rabougrie ! Les époques ne sont pas comparables, mais la notion du temps, si !

Elle baissa la tête et commençait à se caressait le front avec les doigts de la main droite. Je comprenais qu'elle était gênée. J'eus un doute, tout à coup.

  • Il faut que je vous laisse, Madame. Vous n'avez visiblement pas besoin de mon aide pour vous admirer.

Je la regardais partir. Mon doute était toujours là, elle avait éveillé en moi une envie de savoir, parce qu'elle m'avait offert matière à réfléchir ......................

Publié dans L'histoire .......

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Han kommer från en annan tid ............

Publié le par Sabrina De L.

Il ne cessait de me fixer. Je voulais absolument arrêter ce malaise. Je ne me sentais pas vraiment ultra sereine.

  • Je suis ….. euh …. désolée …. Je voulais juste admirer la robe dans un endroit plus lumineux, spacieux. Et puis, en reculant.....

Il continuait de me regarder de manière dure et pénétrante. J'esquissais un petit geste de la main comme pour le sortir de son état.

  • Youhou ! Håkan ! Ici le manoir, à vous !??!

Il s'avançait vers moi, me prit le bouquin des mains, mit correctement la reproduction colorée entre deux pages et le fermait énergiquement. Il fit passer son bras derrière moi pour reposer l'ouvrage sur le guéridon puis, il se dirigeait vers la porte pour reprendre la place qu'il occupait quelques minutes auparavant, et tout en marchant, me parlait.

  • Elle s'appelait Nora. Je l'ai tuée !

Je ne savais quoi répondre, je le regardais de dos. Il était gracieux, droit comme un « I », il émanait vraiment de sa personne une constante élégance. « Il l'a tuée ?» pensais-je tout à coup. Bordel !! Et il veut que je porte la robe d'une morte? Enfin, je me comprends, je ne suis pas plus vivante intérieurement qu'elle, mais …. il l'a tuée !!! Il se retournait.

  • Une objection ?! 

  • Je vois que tu reprends l'habitude de lire mes pensées !

  • Je vois surtout que tu ne les as pas fermées, tout simplement ….. Qu'est devenu ce sorcier ? C'est lui si je ne m'abuse qui t'avait appris, non ?

  • Toujours aussi doué M. le Marquis pour détourner un sujet de conversation. Puisque tu lis dans mes pensées, aies au moins les couilles d'aller jusqu'au bout de ton histoire !

  • Qu'ai-je à ajouter de plus ? Je t'ai donné son prénom et t'ai avoué l'avoir tuée !

  • La raison, putain !! La raison ?!! Et comment garde-t-on la photo de quelqu'un que l'on a tué ? Hmmm ?

Il se mit à baisser la tête, comme pour souffler, mais il ne le fit pas. Il avançait vers moi, les yeux rivés sur ce vieux parquet. Puis, il me fit face et posa la main sur ma joue. Il caressait cette dernière de ses doigts de pianiste, doucement, délicatement telle une plume. Il me regardait, la tête légèrement inclinée et je vis dans ses yeux une envie de se confier et une lutte interne pour rester cruel.

  • Nora était tout ce que j'avais et je l'ai tuée. Et tu devras te contenter de cette seule explication !

  • Comment peut-on tuer tout ce que l'on a ?

Son regard était de feu, j'y voyais à l'intérieur la cruauté qui l'habitait si souvent, et il me répondit :

  • Cela évite simplement que l'on s'en charge à ma place. Mais tu connais ça, non ?

Sa réponse me déchirait les entrailles, comment pouvait-il prétendre cela ? Comment osait-il ? Je le giflais de toutes mes forces et je le poussais. Ma puissance était telle qu'il traversa la porte qui menait au boudoir pour aller finir sa course dans le siège « cabriolet ». Il était étalé de tout son long avec des morceaux de fauteuil et de pans de velours éparpillés autour de lui, il se mit à rire et s'exclama :

  • Un fauteuil du XVIIIème  !! Réduit en miettes !! (relevant la tête) Tu ne l'aimes vraiment pas ce boudoir !!!

Je le trouvais complètement grotesque.

  • Va brûler en enfer !!

  • Nous y sommes déjà ma chérie et tu es mon invitée !

Il se relevait, époussetait les manches noires de son costume Lanvin. Il reprit un air sérieux.

  • Enfile cette robe et ne te fais pas prier ! Soit dans la grande salle dans une heure. Et si l'envie te prend de casser autre chose, ne t'attaque pas à cette table tric trac (en me montrant du doigt ladite table), elle est signée Ratie et ne court pas les rues. Tu n'es pas dans une banlieue ici, c'est empreint d'histoire, alors un peu de respect !

Il quittait la pièce tranquillement, sans se retourner.

Publié dans L'histoire .......

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Nyfikenhet dödade katten.............

Publié le par Sabrina De L.

Alors que je m'éveillais un soir pour me délecter de la nuit qui s'offrait à moi, Eugénie entra dans la chambre. Je comptais enfin quitter mon hôte et retrouver ma vie, cette vie que je m'étais construite après avoir quitté tout ceci. Je me retournais pour ne pas lui manquer de respect.

  • Oui, Eugénie ? Que se passe-t-il ? Je ne t'ai pas entendu frapper ?!
  • Excusez-moi Madame. M. le Marquis Litenberg*** vous fait savoir qu'une robe vous attend dans le boudoir adjacent à sa chambre. Il aimerait que vous la portiez. 
  • Håkan est donc de retour ?
  • Oui, Madame. Et il a insisté grandement pour que vous passiez la nuit avec lui dans la tenue qui vous attend. 
  • J'y réfléchis Eugénie, tu peux disposer maintenant.

Que mijotait donc mon hôte démoniaque ? Je me souviens de la première fois où je me suis retrouvée ici. Il y avait mis tout le tape-à-l’œil qu'il avait pu trouver. J'avoue qu'il m'avait grandement impressionnée. Bien qu'il soit totalement pourri, il avait ce côté très dandy qui, j'avoue, me plaisait. Je décidais d'aller jusqu'au boudoir, histoire de jeter un coup d'iris sur la robe.

Une grande boite blanche m'attendait, je l'attrapais et je décidais d'aller jusqu'à la chambre pour la poser sur le grand lit. Je n'étais jamais entrée dans son domaine privé. Je veux dire, j'avais toujours eu ma chambre mais n'avais jamais mis les pieds dans la sienne. Je ne sais pas vraiment si j'avais le droit d'entrer ainsi dans son intimité, mais je n'avais nullement envie de m'extasier devant la surprise au milieu de ce boudoir qui avait dû connaître des moments sulfureux. Je me remémorais mes lectures de Sade, dont la célébrité du boudoir n'est plus à conter. D'ailleurs, je trouvais cela étrange ou plutôt d'une magnifique coïncidence d'avoir comme servante une certaine Eugénie dans ce manoir. Je pouvais presque entendre Mme De Saint-Ange l'initiant aux plaisirs. Me vient d'ailleurs à l'esprit, une pensée totalement saugrenue. Håkan, vampire de son état, s'était-il envoyé sa servante ?? Pour qu'elle reste ainsi depuis des années, soumise et craintive. Ne me dites pas qu'elle n'a jamais compris qui il était ?! Je me demande si elle me donnerait ses impressions d'union charnelle entre une humaine et un vampire ? Se sentait-elle comme la sculpture de cette femme en peur et en extase sur des draps blancs, ses mains accrochant le linge de lit alors qu'un démon est posé sur son flanc ? Cette sculpture d'Eugène Thivier "le cauchemar" est emplie de sensualité et à la fois de crainte. Vous la connaissez ? Moi, j'y vois comme un incube venant profiter d'une femme dans son sommeil, elle lutte et à la fois, je la vois céder. Oui, parfaitement, elle cède parce qu'elle prend plaisir avec cet être répugnant. Je trouve cela troublant.

Je posais donc la boite et l'ouvrais. J'enlevais le fin papier qui me séparait encore de ma surprise. En le soulevant, il me dévoilait une robe, une magnifique robe de soie noire avec de légères broderies rouge sang. Vous savez, ce genre de robe d'un autre siècle, celle que l'on porte avec un corset finement travaillé à la main. Corset qui était fourni avec, par ailleurs. Je n'en revenais pas de ce trésor qui était devant moi, emprisonné dans cette boite. Cette robe, je l'aurais assurément portée pour valser sur du Franz Liszt. Se pouvait-il qu'il avait fouillé mes pensées ? J'étalais toute la robe sur le lit afin de mieux l'apprécier, de mieux la regarder . Je me reculais, reculais, reculais encore pour voir à quel point j'avais devant moi un chef d'oeuvre, pour voir si en m'éloignant un peu je serais moins impressionnée. En reculant, je ne vis point le guéridon derrière moi et je le fis légèrement chanceler. Le livre qui était posé dessus, tomba. En atterrissant sur le parquet de la chambre, il me fit découvrir une photo qui était à l'intérieur, elle servait sûrement de marque-page. En regardant de plus près afin de la replacer dans l'ouvrage, je vis que ce n'était pas une photographie mais une reproduction colorée. Une très vieille reproduction d'une femme sublime, brune et elle portait la robe que je venais d'étaler sur le lit. Je restais hypnotisée devant elle. Je sortis de ma torpeur lorsqu'il entra dans ses appartements.

  • Que fais-tu ici ? Le paquet était dans le boudoir il me semble ? Que fais-tu ici ?

Je ne savais que répondre. Je me sentais envahie de questions et à la fois honteuse d'avoir eu l'audace de violer son antre privé.

  • Je ...... je me sentais un peu ........ j'aime pas ton boudoir! 

Il regardait mes mains. Il prit conscience de ce que je tenais dans ces dernières et son rictus sournois fit son apparition. Il me scrutait d'un regard sérieux et pénétrant........

***Note : Håkan Litenberg est marquis, vieux vampire de plus de 300 ans. Il se peut que lors de  vos lectures vous soyez quelque peu perdus en fonction des informations qui apparaissent sauvagement. Simplement ce "domaine" est la suite d'un bouquin papier qui contient toute l'histoire antérieure des personnages présents.

Publié dans L'histoire .......

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Mitt blod är ädelt ...............

Publié le par Sabrina De L.

Je suis restée quelques temps au manoir. N'imaginez pas que la présence d'Håkan m'était indispensable mais je n'avais pas vraiment envie, pour le moment, de tomber crocs à crocs avec mon créateur. J'ai eu tout le loisir de me perdre durant des journées entières dans la bibliothèque personnelle de mon hôte. C'était vraiment un endroit que j'adorais. Et ce petit fauteuil bergère en velours, d'un rouge sang, qui était devenu mon assise favorite, me comblait. "Il date de 1790 !!!" se vantait Håkan, alors que je m'étais avachie dedans. Je vous prie de croire que je l'ai investi de manière plus respectueuse par la suite. 1790 ! Vous imaginez, vous ? Il avait vécu un sacré bout d'histoire. J'aimais également la borne en velours de couleur identique qui, comme sa nom l'indique, se trouvait au milieu de la pièce. Mais rien à faire, ce petit fauteuil avait ma préférence. Il y avait eu une attirance entre lui et moi, une évidence et j'aimais y poser mon séant, et parfois même, mon séant en culotte !

Mon hôte avait beaucoup de goûts, entre autre pour la lecture. Dans cette bibliothèque, j'y trouvais des ouvrages très rares, anciens ou inconnus. Il se fascinait sur notre condition , sur la "légende" des vampires : "Lis donc ces inepties ! Tu vas rire !" me balançait-il, jadis, d'un air amusé. J'y trouvais également toutes sortes d'ouvrages religieux, ésotériques. Je ne voyais pas le temps passer ici, et j'aimais pour cela mon côté "éternel", je peux lire sans me soucier du temps.

Mon hôte était porté-disparu depuis notre nuit. Mais, aucune inquiétude ne me parcourait l'esprit, nous sommes solitaires par excellence. Enfin, il faut avoir aimé cet état en étant vivant, sinon, c'était double peine. J'avoue, personnellement, que j'avais appris (vivante) à aimer ma propre compagnie et la trouvais bien souvent suffisante. Loin de moi l'idée de vous soumettre le fait que je ne puisse me mêler à mes semblables, mais pour être honnête, je m'ennuyais bien souvent. Les conversations avaient autant de profondeur qu'une flaque d'eau, une nuit d'été ! J'ai besoin d'être sollicitée mentalement pour me sentir à l'aise. Alors oui, vous pouvez me qualifier d'aristocrate hautaine mais malheureusement, vous faites fausse route. Je suis issue d'une famille d'immigrés italiens et croyez moi, j'ai fait plus de conneries que votre imagination ne peut en concevoir. Cependant, oubliez les clichés. Ce n'est pas d'où je viens qui forge ce que je suis, mais c'est ce que j'ai aimé et vécu qui m'a construit. Après, tout est une question de personnalité et de réticence à la peur d'oser ou non. Disons que si vous avez tendance à avoir peur de la peur, vous n'essayez rien. Quand j'étais humaine, ce mot était inconnu dans mon vocabulaire et il l'est doublement à présent. L'on peut être pauvre et connaître la noblesse de cœur, elle n'est pas réservée à la haute bourgeoisie. J'ai toujours aimé les mots, les lettres, la lecture, la littérature, l'art, la musique. Je n'ai aucune branche bourgeoise dans ma généalogie. Enfin si, je feins une partie, mais elle fut destituée. Un vague problème de perte de titre si l'on quitte son pays, enfin, je pense m'en souvenir ainsi. Elle avait quitté l'Allemagne pour l'amour d'un bel Italien. Un vieux secret de famille. Ma grand-tante était une comtesse et moi, je suis un vampire ....................

 

Publié dans L'histoire .......

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