Kunskap från alla liven innan ...

Publié le par Sabrina De L.

Je ne sais plus vraiment qui je suis. Un démon, ça oui, mais de quelle source ?

Il a déboulé alors que je déambulais dans ce cimetière que j’aime tant. Je n’ai jamais vraiment cherché à savoir l’histoire de cet endroit. J’aime m’y balader, la raison s’arrête vraiment là. L’église, le lieu, le jardin attenant et ses minuscules restes de tombes qui, pour la plupart, n’indiquent plus qui se trouve là. J’aime cet endroit, parce que l’été, la nature y offre ses plus belles couleurs et l’hiver, c’est la petite église qui se débat de toute sa magnificence pour s’imposer dans cet environnement glacial et blanc. Et la nuit, parlons-en de la nuit, elle offre une atmosphère que je n’ai jamais trouvée ailleurs.  

J’étais donc en train de rêvasser tout en marchant entre les reliques de sépultures à la tombée du jour lorsque j’entends cette voix grave et pourtant agréable qui m’interpelle :

  • Quelqu’un de votre famille est enterré ici ?

Je me tourne vers la voix et  je toise cet homme vêtu de noir de haut en bas puis, je termine mon inventaire par son regard et je lui offre un sourire qui découvre mes canines.

  • Absolument pas. Pourquoi cette question ?
  • Je ne sais pas, une intuition.

Je souris de plus belle. Une intuition, voilà qui est amusant. Il ne me laisse pas le temps d’ouvrir à nouveau la bouche qu’il enchaîne.

  • Ici sont enterrés des soldats. Nous tentons de redonner les noms à ces derniers en restaurant les stèles. Suivez-moi, je vais vous montrer quelque chose.

Interloquée d’entrer dans sa confidence, je le suis. Il se dirige vers une petite pierre que je n’avais jamais eu le temps de considérer malgré mes nombreuses errances dans ce petit jardin. Il la montre en dirigeant son index vers les écrits.

  • Nous avons remis ce soldat à la lumière. Regardez ! 1800 ! N'est-ce pas incroyable ??

Je regarde le nom gravé sur cette pierre et je n’en crois pas mes yeux. Je me tourne vers cet homme de Dieu et aucun mot ne peut sortir de ma bouche. Mes yeux replongent sur la gravure et mon cœur me fait mal, comme un poignard venant s'y loger. Une larme s'échappe et vient mourir sur ma joue. Le prêtre pose une main sur mon épaule et la retire aussi vite :

  • Vous êtes glacée. Vous allez bien ? ça va ?
  • Excusez moi mon père, je … Je me suis mis à penser à un vieux souvenir, pas forcément agréable. Je suis désolée.
  • Ne vous excusez pas, parfois le cœur détient beaucoup plus de larmes qu’on ne le croit. Il est même bien souvent noyé dans ces dernières.

Je ne lui répondis rien. Je lui fis un signe de tête en me dirigeant vers la sortie. Arrivée à la petite barrière, je me tournais pour enfin connaître le nom de cette église que je visitais en l’ignorant jusque-là. Un deuxième effroi m’envahit. Je savais à présent pourquoi la couleur scandinave était devenue le fil conducteur de toute ma vie d’humaine et de démon. LUI, il est là, il est partie intégrante de ma vie mais également de toutes celles dont je ne me souviens plus. Inconsciemment mon esprit me dirigeait vers des endroits où je trouvais des indices, des alarmes pour que mon âme n'oublie jamais et ce n'est qu'à cet instant que je comprenais. Je me dirigeais vers la rue et le prêtre courut jusqu'à la petite barrière et cria :

  • Il est la clé, il est votre âme.

Un brouillard apparut précipitamment et lorsque ce dernier fut dissipé, le prêtre avait disparu... 

 

 

 

Publié dans Juste ...

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