Ungdomens källa ..... hans blod .....

Publié le par Sabrina De L.

Je me suis éveillée en début de soirée, le soleil venait à peine de se coucher. Je repensais au goût du sang de Hay. Je n'avais jamais bu pareil nectar. Et la manière dont je me suis sentie après m'être désaltérée, m'avait déstabilisée. Je fus légère. Est-ce que Gabriel ressentait la même chose lorsqu'il s'abreuvait au même cou ? Il y avait bien longtemps qu'une sérénité pareille ne m'avait envahie. J'en ressentais encore les effets, moins intenses qu'après avoir bu, mais encore là malgré tout. J'avais pourtant goûté épisodiquement des sangs d'excellentes qualités, mais rien qui n'égalait celui de Hay. J'éprouvais le besoin d'en boire encore. Je retournais donc au «Le  Diable Bleu » en espérant tomber de nouveau sur mon mystérieux androgyne au goût délicat.

Je vous vois venir avec vos critiques ! « Pourquoi ne lui a-t-elle pas demandé son numéro ? ». Je sais très bien qu'à l'époque actuelle, rester en contact avec le monde qui nous entoure est un jeu d'enfants, mais personnellement, je suis quelqu'un d'extrêmement timide et peu sujette à donner réplique dans la facilité. Je n'aime guère ces convenances qui font que lorsque quelqu'un paraît quelque peu « sympa » ou « avenant », l'on soit obligé d'entrer dans sa bulle personnelle ou dans son monde. Je n'aime guère que l'on envahisse mon espace, alors par respect je fous la paix à celui des autres. Je ne m'impose pas dans la vie d'autrui, ce n'est pas ma personnalité. La seule exception est lorsque j'ai soif, mais là encore ma technique consiste à griser la source choisie, boire et la laisser comme une merde avec des trous de mémoire. Je ne suis pas là pour me lier d'amitié, ni lui conter fleurette. Donc, pensez bien que je ne ne vais pas en plus demander un numéro de téléphone. Je ne fais pas le service après-vente, ni dans le social avec ma « bouffe » ! Faut pas déconner. Mais là, Hay, c'était autre chose. Déjà je ne l'avais pas choisi en tant que fontaine à sang et de plus, il m'avait offert la consommation gratuitement. Et tout ceci avait un goût de « reviens-y ».

« Le Diable Bleu » n'était pas vraiment bondé de monde. Je me dirigeais vers le bar où le serveur à la crête verte se trouvait. Il me reconnut, il était en train de frotter le bar avec un chiffon d'une couleur rose fluo, comme ses boucles d'oreilles de la veille :

  • Hey Hey !! Madame la danseuse ! Je vous sers ?

  • Champagne, s'il te plaît ! (lui faisant un signe de la main pour qu'il se concentre sur moi) Dis, je peux te demander un renseignement ?

  • Dis toujours ! (en arrêtant de frotter son bar)

  • Hay Haden, le mec androgyne, tu sais ? Celui avec lequel j'ai dansé hier. Tu saurais me dire s'il fréquente cet endroit souvent ? Ou mieux, où il crèche ?

  • Ah ? Le m'sieur-dame ? A vrai dire, ouais, je le connais mais sans plus.... Il vient, je te dirais assez régulièrement, mais te donner la fréquence. C'est par période, j'dirais, pour être honnête. Quant à savoir où il vit …. euh … je suis pas assez intime avec les clients.

  • Hmmmm. Merci.

J'attendais qu'il me serve ma coupe de champagne pour m'hypnotiser avec les bulles qui ont toujours ce même destin. La routine effarante de la vie d'une bulle, son ambition pour arriver au sommet et crever, dans un "ploc" insignifiant mais qui représente la quintessence de sa réussite à elle : s'éclater !!  Je devais être dans cet endroit depuis quatre heures lorsque mon androgyne fit son apparition. J'avais juste changé de place, j'étais dans le fond de la salle, assise dans un fauteuil moelleux et j'observais la foule. Je ne me précipitais par vers lui. J'attendais qu'il me remarque et qu'il vienne à moi. J'avais pas mal de cash sur moi, j'espérais qu'il me laisse m'enivrer de nouveau.

Publié dans L'histoire .......

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