Nyfikenhet dödade katten.............

Publié le par Sabrina De L.

Alors que je m'éveillais un soir pour me délecter de la nuit qui s'offrait à moi, Eugénie entra dans la chambre. Je comptais enfin quitter mon hôte et retrouver ma vie, cette vie que je m'étais construite après avoir quitté tout ceci. Je me retournais pour ne pas lui manquer de respect.

  • Oui, Eugénie ? Que se passe-t-il ? Je ne t'ai pas entendu frapper ?!
  • Excusez-moi Madame. M. le Marquis Litenberg*** vous fait savoir qu'une robe vous attend dans le boudoir adjacent à sa chambre. Il aimerait que vous la portiez. 
  • Håkan est donc de retour ?
  • Oui, Madame. Et il a insisté grandement pour que vous passiez la nuit avec lui dans la tenue qui vous attend. 
  • J'y réfléchis Eugénie, tu peux disposer maintenant.

Que mijotait donc mon hôte démoniaque ? Je me souviens de la première fois où je me suis retrouvée ici. Il y avait mis tout le tape-à-l’œil qu'il avait pu trouver. J'avoue qu'il m'avait grandement impressionnée. Bien qu'il soit totalement pourri, il avait ce côté très dandy qui, j'avoue, me plaisait. Je décidais d'aller jusqu'au boudoir, histoire de jeter un coup d'iris sur la robe.

Une grande boite blanche m'attendait, je l'attrapais et je décidais d'aller jusqu'à la chambre pour la poser sur le grand lit. Je n'étais jamais entrée dans son domaine privé. Je veux dire, j'avais toujours eu ma chambre mais n'avais jamais mis les pieds dans la sienne. Je ne sais pas vraiment si j'avais le droit d'entrer ainsi dans son intimité, mais je n'avais nullement envie de m'extasier devant la surprise au milieu de ce boudoir qui avait dû connaître des moments sulfureux. Je me remémorais mes lectures de Sade, dont la célébrité du boudoir n'est plus à conter. D'ailleurs, je trouvais cela étrange ou plutôt d'une magnifique coïncidence d'avoir comme servante une certaine Eugénie dans ce manoir. Je pouvais presque entendre Mme De Saint-Ange l'initiant aux plaisirs. Me vient d'ailleurs à l'esprit, une pensée totalement saugrenue. Håkan, vampire de son état, s'était-il envoyé sa servante ?? Pour qu'elle reste ainsi depuis des années, soumise et craintive. Ne me dites pas qu'elle n'a jamais compris qui il était ?! Je me demande si elle me donnerait ses impressions d'union charnelle entre une humaine et un vampire ? Se sentait-elle comme la sculpture de cette femme en peur et en extase sur des draps blancs, ses mains accrochant le linge de lit alors qu'un démon est posé sur son flanc ? Cette sculpture d'Eugène Thivier "le cauchemar" est emplie de sensualité et à la fois de crainte. Vous la connaissez ? Moi, j'y vois comme un incube venant profiter d'une femme dans son sommeil, elle lutte et à la fois, je la vois céder. Oui, parfaitement, elle cède parce qu'elle prend plaisir avec cet être répugnant. Je trouve cela troublant.

Je posais donc la boite et l'ouvrais. J'enlevais le fin papier qui me séparait encore de ma surprise. En le soulevant, il me dévoilait une robe, une magnifique robe de soie noire avec de légères broderies rouge sang. Vous savez, ce genre de robe d'un autre siècle, celle que l'on porte avec un corset finement travaillé à la main. Corset qui était fourni avec, par ailleurs. Je n'en revenais pas de ce trésor qui était devant moi, emprisonné dans cette boite. Cette robe, je l'aurais assurément portée pour valser sur du Franz Liszt. Se pouvait-il qu'il avait fouillé mes pensées ? J'étalais toute la robe sur le lit afin de mieux l'apprécier, de mieux la regarder . Je me reculais, reculais, reculais encore pour voir à quel point j'avais devant moi un chef d'oeuvre, pour voir si en m'éloignant un peu je serais moins impressionnée. En reculant, je ne vis point le guéridon derrière moi et je le fis légèrement chanceler. Le livre qui était posé dessus, tomba. En atterrissant sur le parquet de la chambre, il me fit découvrir une photo qui était à l'intérieur, elle servait sûrement de marque-page. En regardant de plus près afin de la replacer dans l'ouvrage, je vis que ce n'était pas une photographie mais une reproduction colorée. Une très vieille reproduction d'une femme sublime, brune et elle portait la robe que je venais d'étaler sur le lit. Je restais hypnotisée devant elle. Je sortis de ma torpeur lorsqu'il entra dans ses appartements.

  • Que fais-tu ici ? Le paquet était dans le boudoir il me semble ? Que fais-tu ici ?

Je ne savais que répondre. Je me sentais envahie de questions et à la fois honteuse d'avoir eu l'audace de violer son antre privé.

  • Je ...... je me sentais un peu ........ j'aime pas ton boudoir! 

Il regardait mes mains. Il prit conscience de ce que je tenais dans ces dernières et son rictus sournois fit son apparition. Il me scrutait d'un regard sérieux et pénétrant........

***Note : Håkan Litenberg est marquis, vieux vampire de plus de 300 ans. Il se peut que lors de  vos lectures vous soyez quelque peu perdus en fonction des informations qui apparaissent sauvagement. Simplement ce "domaine" est la suite d'un bouquin papier qui contient toute l'histoire antérieure des personnages présents.

Publié dans L'histoire .......

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