Mitt blod är ädelt ...............

Publié le par Sabrina De L.

Je suis restée quelques temps au manoir. N'imaginez pas que la présence d'Håkan m'était indispensable mais je n'avais pas vraiment envie, pour le moment, de tomber crocs à crocs avec mon créateur. J'ai eu tout le loisir de me perdre durant des journées entières dans la bibliothèque personnelle de mon hôte. C'était vraiment un endroit que j'adorais. Et ce petit fauteuil bergère en velours, d'un rouge sang, qui était devenu mon assise favorite, me comblait. "Il date de 1790 !!!" se vantait Håkan, alors que je m'étais avachie dedans. Je vous prie de croire que je l'ai investi de manière plus respectueuse par la suite. 1790 ! Vous imaginez, vous ? Il avait vécu un sacré bout d'histoire. J'aimais également la borne en velours de couleur identique qui, comme sa nom l'indique, se trouvait au milieu de la pièce. Mais rien à faire, ce petit fauteuil avait ma préférence. Il y avait eu une attirance entre lui et moi, une évidence et j'aimais y poser mon séant, et parfois même, mon séant en culotte !

Mon hôte avait beaucoup de goûts, entre autre pour la lecture. Dans cette bibliothèque, j'y trouvais des ouvrages très rares, anciens ou inconnus. Il se fascinait sur notre condition , sur la "légende" des vampires : "Lis donc ces inepties ! Tu vas rire !" me balançait-il, jadis, d'un air amusé. J'y trouvais également toutes sortes d'ouvrages religieux, ésotériques. Je ne voyais pas le temps passer ici, et j'aimais pour cela mon côté "éternel", je peux lire sans me soucier du temps.

Mon hôte était porté-disparu depuis notre nuit. Mais, aucune inquiétude ne me parcourait l'esprit, nous sommes solitaires par excellence. Enfin, il faut avoir aimé cet état en étant vivant, sinon, c'était double peine. J'avoue, personnellement, que j'avais appris (vivante) à aimer ma propre compagnie et la trouvais bien souvent suffisante. Loin de moi l'idée de vous soumettre le fait que je ne puisse me mêler à mes semblables, mais pour être honnête, je m'ennuyais bien souvent. Les conversations avaient autant de profondeur qu'une flaque d'eau, une nuit d'été ! J'ai besoin d'être sollicitée mentalement pour me sentir à l'aise. Alors oui, vous pouvez me qualifier d'aristocrate hautaine mais malheureusement, vous faites fausse route. Je suis issue d'une famille d'immigrés italiens et croyez moi, j'ai fait plus de conneries que votre imagination ne peut en concevoir. Cependant, oubliez les clichés. Ce n'est pas d'où je viens qui forge ce que je suis, mais c'est ce que j'ai aimé et vécu qui m'a construit. Après, tout est une question de personnalité et de réticence à la peur d'oser ou non. Disons que si vous avez tendance à avoir peur de la peur, vous n'essayez rien. Quand j'étais humaine, ce mot était inconnu dans mon vocabulaire et il l'est doublement à présent. L'on peut être pauvre et connaître la noblesse de cœur, elle n'est pas réservée à la haute bourgeoisie. J'ai toujours aimé les mots, les lettres, la lecture, la littérature, l'art, la musique. Je n'ai aucune branche bourgeoise dans ma généalogie. Enfin si, je feins une partie, mais elle fut destituée. Un vague problème de perte de titre si l'on quitte son pays, enfin, je pense m'en souvenir ainsi. Elle avait quitté l'Allemagne pour l'amour d'un bel Italien. Un vieux secret de famille. Ma grand-tante était une comtesse et moi, je suis un vampire ....................

 

Publié dans L'histoire .......

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