Han kommer från en annan tid ............

Publié le par Sabrina De L.

Il ne cessait de me fixer. Je voulais absolument arrêter ce malaise. Je ne me sentais pas vraiment ultra sereine.

  • Je suis ….. euh …. désolée …. Je voulais juste admirer la robe dans un endroit plus lumineux, spacieux. Et puis, en reculant.....

Il continuait de me regarder de manière dure et pénétrante. J'esquissais un petit geste de la main comme pour le sortir de son état.

  • Youhou ! Håkan ! Ici le manoir, à vous !??!

Il s'avançait vers moi, me prit le bouquin des mains, mit correctement la reproduction colorée entre deux pages et le fermait énergiquement. Il fit passer son bras derrière moi pour reposer l'ouvrage sur le guéridon puis, il se dirigeait vers la porte pour reprendre la place qu'il occupait quelques minutes auparavant, et tout en marchant, me parlait.

  • Elle s'appelait Nora. Je l'ai tuée !

Je ne savais quoi répondre, je le regardais de dos. Il était gracieux, droit comme un « I », il émanait vraiment de sa personne une constante élégance. « Il l'a tuée ?» pensais-je tout à coup. Bordel !! Et il veut que je porte la robe d'une morte? Enfin, je me comprends, je ne suis pas plus vivante intérieurement qu'elle, mais …. il l'a tuée !!! Il se retournait.

  • Une objection ?! 

  • Je vois que tu reprends l'habitude de lire mes pensées !

  • Je vois surtout que tu ne les as pas fermées, tout simplement ….. Qu'est devenu ce sorcier ? C'est lui si je ne m'abuse qui t'avait appris, non ?

  • Toujours aussi doué M. le Marquis pour détourner un sujet de conversation. Puisque tu lis dans mes pensées, aies au moins les couilles d'aller jusqu'au bout de ton histoire !

  • Qu'ai-je à ajouter de plus ? Je t'ai donné son prénom et t'ai avoué l'avoir tuée !

  • La raison, putain !! La raison ?!! Et comment garde-t-on la photo de quelqu'un que l'on a tué ? Hmmm ?

Il se mit à baisser la tête, comme pour souffler, mais il ne le fit pas. Il avançait vers moi, les yeux rivés sur ce vieux parquet. Puis, il me fit face et posa la main sur ma joue. Il caressait cette dernière de ses doigts de pianiste, doucement, délicatement telle une plume. Il me regardait, la tête légèrement inclinée et je vis dans ses yeux une envie de se confier et une lutte interne pour rester cruel.

  • Nora était tout ce que j'avais et je l'ai tuée. Et tu devras te contenter de cette seule explication !

  • Comment peut-on tuer tout ce que l'on a ?

Son regard était de feu, j'y voyais à l'intérieur la cruauté qui l'habitait si souvent, et il me répondit :

  • Cela évite simplement que l'on s'en charge à ma place. Mais tu connais ça, non ?

Sa réponse me déchirait les entrailles, comment pouvait-il prétendre cela ? Comment osait-il ? Je le giflais de toutes mes forces et je le poussais. Ma puissance était telle qu'il traversa la porte qui menait au boudoir pour aller finir sa course dans le siège « cabriolet ». Il était étalé de tout son long avec des morceaux de fauteuil et de pans de velours éparpillés autour de lui, il se mit à rire et s'exclama :

  • Un fauteuil du XVIIIème  !! Réduit en miettes !! (relevant la tête) Tu ne l'aimes vraiment pas ce boudoir !!!

Je le trouvais complètement grotesque.

  • Va brûler en enfer !!

  • Nous y sommes déjà ma chérie et tu es mon invitée !

Il se relevait, époussetait les manches noires de son costume Lanvin. Il reprit un air sérieux.

  • Enfile cette robe et ne te fais pas prier ! Soit dans la grande salle dans une heure. Et si l'envie te prend de casser autre chose, ne t'attaque pas à cette table tric trac (en me montrant du doigt ladite table), elle est signée Ratie et ne court pas les rues. Tu n'es pas dans une banlieue ici, c'est empreint d'histoire, alors un peu de respect !

Il quittait la pièce tranquillement, sans se retourner.

Publié dans L'histoire .......

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