Lyssnar på vinden .......

Publié le par Sabrina De L.

Certaines rencontrent pensent que j'ai besoin d'être sauvée. Sauvée de quoi, je vous prie ? Je suis un démon, n'est ce pas ? Telle est ma condition, non ? Pensez-vous que je puisse contester mon propre destin ? Allons, allons, tout n'est pas aussi simple qu'il n'en paraît. Même si je me complais à crier haut et fort, que cela est soit "blanc", soit "noir", je dois admettre à contre-crocs qu'un joli camaïeu de gris se trouve souvent entre ces deux entités.

J'ai appris à écouter le vent. Oui, le vent, celui auquel on ne prête aucun crédit lorsque l'on est mortel. Seul le cœur compte, n'est-ce pas ? Oui et parfois la tête, mais beaucoup plus rarement. On "pense" avec son cœur et pourtant ....... Le cœur, parlons-en de celui là, cet organe aux sensations si pures, ce moteur, cet écrin, celui dans lequel se repose l'amour. J'en ai eu un jadis. Oh, il était beau, il était gorgé de passion, tant gorgé qu'il en vomissait de multiples sentiments inaltérés, immaculés. Il était noble, je le pense. J'y mettais "tout mon cœur", sublime terme pour celui qui est "entier". Je distillais autour de moi tout ce que j'avais de plus pur. J'ai aimé de toute mon âme, sans détour, avec la plus grande sincérité et je croyais à tous ces grands sentiments. Je pensais même qu'ils pouvaient se partager. Quel divin mensonge que voici !! Désolée, mes chers séraphins de qualifier un mensonge de divin, mais l'envie était trop grande de vous mettre encore ma déception sur les ailes. L'on m'a rendu tour à tour, tout ce que j'ai donné. "Merci pour tout, mon amour....." le tout orchestré d'un jeu d'acteur admirable, où la sincérité était si bien jouée que je me suis laissée prendre au piège plus d'une fois. Oh que j'y ai cru, oh oui !! Force est de constater que mon cœur, ce si chevaleresque organe, a explosé en un millier de morceaux pour finalement mourir. Morte d'avoir aimé ! Contradictoire n'est-ce pas ? Comment un sentiment aussi majestueux peut être à l'origine de toutes les souffrances ? Mon cœur a explosé en morceaux si abrupts et tranchants, qu'ils ont lacéré ce qu'il restait de mon humanité. Et me voilà démon, et depuis, j'écoute le vent......

J'ai appris à aimer mes doutes, ma souffrance et à choyer ma douleur. Ils sont légitimes, on connait toujours "le pourquoi" de la douleur, jamais celui de l'amour. Et je n'aime guère les choses que l'on ne peut comprendre, je n'aime guère la sournoiserie..... J'entretiens donc tout ce mal, car c'est une valeur sûre. Je ne suis pas née démon, je le suis devenue. Lorsque la sincérité est piétinée, à quoi bon s'échiner ?

Regardez-moi !! Admirez ma noirceur !! Regardez-moi évoluer dans les ténèbres. Connaissez ma renaissance. Celle qui rejette l'amour. Oui, je le rejette, je le piétine, je ne le respecte pas .........

Et puis, un jour, un sentiment qui ne ressemble à aucun autre jusque là, viendra cogner contre les parois de mon cœur aride et le vent me soufflera une douce mélopée, une rafale emplie de notes mystérieuses dont je m'enivrerai. Ce sera la mélodie d'un véritable amour, je la connaîtrais enfin ! Elle résonnera en moi comme une évidence, parce qu'elle parlera à mon âme. Voilà pourquoi depuis, j'écoute le vent .......

Je suis démon, mais j'ai encore gardé un défaut de mon humanité, hélas ...... cette pointe de naïveté qui fait que je ne suis pas encore complètement damnée. Cette naïveté qui me fait parfois espérer. Espérer quelque chose qui n'est qu'un mirage ...... Mais tel un assoiffé, je continue ma route, en écoutant le vent, espérant qu'il me souffle la direction à prendre pour m'abreuver ..........................

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