Han gick barfota genom världen ........

Publié le par Sabrina De L.

La première fois que je l'ai rencontré, j'ignorais qu'il faisait partie de ma caste. Comment et pourquoi cela m'a-t-il échappé ? Sûrement parce que tout vampire qu'il était, il n'y avait pas plus "humain" que lui. Le don ténébreux n'avait aucunement altéré son amour de la "vie", son amour "d'être là". Il dormait peu le jour. Il se consacrait à la lecture de nombreux ouvrages dans cette grande demeure, à l'abri de l'astre ennemi, il nourrissait son âme d'histoires, de poésie, d'amour écrit. Mais ce qui me frappait, était son besoin d'être pieds nus. Il ne gardait que rarement ses souliers. Nombre de fois où je l'ai croisé admirablement habillé, sans chaussure ! Il commençait son chemin les pieds emprisonnés dans ses alcôves de cuir, puis en cours de route, il se délestait de cette étreinte. A bien y réfléchir, la matière sur laquelle il posait les pieds lui importait peu, les cailloux, le macadam, le sable, l'herbe, le linoléum etc, tout était agréable pour lui. Il avait une réponse à cette manie. Il me disait que l'énergie de la terre passait par là, qu'il avait besoin de ne faire qu'un avec cette dernière, la sentir, la toucher et il ajoutait : "Aimerais-tu que l'on te touche uniquement avec des gants ? N'aimes-tu sentir la douceur, la froideur, la rugosité ou encore le tremblement de la main qui te frôle ? Ce délicat soubresaut qui trahit l'état de l'âme de celui qui caresse." Il était le vampire le plus en adéquation avec mère nature.

Alors, parfois, pour avoir l'impression qu'il était là, je me déchaussais et j'avançais sur les routes, je m'enfonçais dans les ténèbres et je fermais les yeux. En hiver,  le bitume me glaçait de sa froideur nocturne et les soirs d'été, il me diffusait les restes de chaleur de ce soleil dont je ne pouvais plus profiter. Il avait raison de par ce biais, je me sentais "vivante".  Alors je l'imaginais marchant à mes côtés, son regard couleur noisette posé sur moi. Je repoussais assurément une de ses boucles qui lui tombait sur le visage. Il me sourit et je suis heureuse, d'être juste là, avec lui.

Oui, je me déchausse parfois et j'ose espérer que mon chemin m'amène un jour, de nouveau, vers une de ses paires de chaussures qu'il aura négligemment abonnée .....

 

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